Alix Soulié

 Alix-Soulie-Chili  Chili

JEUDI 7 JUILLET    Auckland –> Santiago du Chili

7h30 : Réveil

8h : Adios beau Ricardo. Petit-déjeuner. Il voudrait apprendre le français après avoir appris l’anglais, aller l’étudier en France ou au Canada. Je lui dis que, s’il vient en France, je serai son guide avec plaisir, mais qu’en aucun cas je ne lui présenterai mes nièces. Il a beaucoup d’humour et il n’est pas déçu de notre rencontre, bien que son tableau de chasse reste incomplet, à peine 19 ans et il voudrait déjà récolter toutes les perles rares.

9h : Faire les bagages, remplir ma table, se préparer à prendre un bus en espérant que l’avion décollera. Entre la grève et le volcan ça fait une semaine que les avions ne partent plus pour le Chili.

11h : Je rends ma chambre dans les temps, bye bye jolie Rosario qui part préparer des salades en attendant son prochain contrat de maquilleuse. Elle voudrait travailler 24h/24 car pour elle dormir est une perte de temps.

12h : Un tour a la poste et une dernière connexion.

13 h : Notre petit breton Karadek m’accompagne jusqu’à l’airbus express qui m’amène à l’aéroport et grâce auquel je peux pour 16 $ découvrir une heure de la Nouvelle-Zélande.

14 h : Papa chauffeur de bus m’aide à descendre les bagages en prenant le temps de me parler lentement en anglais.

14 h 05 : Enregistrement des bagages, une attente et une file interminable. Devant moi Gaëlle. Nous sommes de la même tribu Quechua. Elle a acheté un billet comme le mien, seule sur les routes du monde depuis plusieurs mois sans objectif particulier à part celui de voyager. Pour elle c’est la 2eme fois qu’elle vient a l’aéroport d’Auckland, son vol a déjà été annulé. Pour moi ce sera du 1er coup malgré le tsunami qui vient de se déclencher au nord de la N.Z. Gaëlle est une routarde au style « quechua studieux » : petites lunettes avec un caractère bien trempé mais pour elle quitter la N.Z a un goût de regret que je connais bien. Au bord du cœur, elle enregistre ses bagages à l’heure où l’avion est censé décoller ; les bagages, eux, partent en formats spéciaux, sur les panneaux d’affichage ils annoncent le vol clôturé, Gaëlle court pour les empêcher de partir sans nous. Détendue, je m’en fous, un retard a été annoncé.

16h : On négocie 2 places à côté, c’était impossible à l’enregistrement, on attend encore un avion qui arrive de Sidney, plus une place de libre.

Mes pieds ne touchent pas par terre.Un film, deux films, Gaëlle s’est endormie, impossible pour moi, je n’y arrive pas. Je m’endors seulement 15 minutes avant l’atterrissage aux pieds de deux messieurs, comme un animal, par terre devant la sortie de secours où c’est interdit, mais là je touche totalement le sol et comme il fait noir les hôtesses ne me calculent pas.

RETOUR VERS LE PASSE après 11 h de vol.

14 h : Arrivée à Santiago du Chili.

Comme nous parlons en français avec Gaëlle on attire l’attention de Nicolas qui ne parle pas un seul mot d’espagnol et qui nous suit en bus jusqu’au centre-ville.

« C’est là que je descend, salut les petits français »

Je demande ma route à deux mamans et comme en Roumanie, elles me prennent en charge et ne m’abandonnent pas tant que je ne suis pas sur la bonne route. Elles restent avec moi 20 minutes, le temps d’acheter la carte BIP, de remonter a la surface, de trouver le bus 405 (mais dans la bonne direction). Elles ont le temps elles ne sont pas d’ici, elles sont venues de province préparer la rentrée à l’université de leurs filles. Enfin l’occasion d’être entre sœurs dans la capitale. La plus jeune se charge de tirer ma table, l’autre demande deux fois au chauffeur de bien m’arrêter à l’adresse indiquée.

Béatrice, ma nouvelle hôte, m’a tout bien indiqué dans un mail.

16 h : École de danse : ici ça parle bien français, Béatrice n’arrive que plus tard, c’est une journée chargée pour elle.

Je suis décalquée, ici il est 16h30 mais dans mon corps il est 5h30 du matin et je n’ai pas encore vraiment dormi. Béatrice arrive à 16 h 45 pour enchaîner des cours de danse classique jusqu’à 21h. Je m’installe à côté de la Chocolatine, une boulangerie-pâtisserie-café française, j’avais le choix entre le Mcdo ou l’église.

A la fermeture de la Chocolatine, je vais espionner Béatrice qui dispense ses cours de classique à des jeunes femmes.

21 h : Béatrice est épuisée, c’est sa plus grosse journée (on est deux). Dans le dernier groupe, il y a Dominique, sa fille de 21 ans, la cousine de Francine de Toulouse (cousine par leurs papas français).

Je me sens tout de suite de la famille. Elles vivent toutes les trois dans une jolie maison de quartier pavillonnaire à deux pâtés de maisons de l’école de danse. La 3eme c’est Pascale : 23 ans, ce soir elle rentre tard, elle fête son épreuve de médecine réussie. Nous nous croisons vers 23h à peu prés dans le même état, elle un peu imbibée, moi debout depuis 30h.

Domi me prête sa chambre et passera mon séjour dans celle de sa maman.

Le rendez-vous est pris, demain matin, je vais avec elles au cours de danse. « Que loca ! »

Fin du 7 juillet 2011

AHHHHHH !!!!!

VENDREDI 8 JUILLET Santiago du Chili

9 h : École de danse : Béatrice râle du retard des filles, c’est une habitude à laquelle elle ne se fait pas. Pour ma part je vais devoir moi aussi m’y faire. Grrrr…

1er partie, massages, étirements.

10 h : C’est Sébastien, un intervenant, qui prend le relais pour un cours de danse au sol. Vu sa pédagogie et ses exercices, je devine qu’il a fait l’école Lecoq de paris, son bon français me met également sur la piste.

Béatrice adore la langue française, elle est entourée en permanence de francophones. Son ex-mari est lui-même français.

11 h : Béatrice reprend le relais pour la préparation du nouveau ballet avec le même groupe.

Le travail de recherche pour ce nouveau spectacle est très intéressant à voir. Béatrice me sort de mon sommeil en me demandant si je peux leur proposer un porté acrobatique (c’est le thème de cette année).Je suis émerveillée de voir ces danseuses classiques exécuter des portés acrobatiques avec légèreté, sensibilité et une technique qui leur est propre. Je leur propose un porté de derrière les fagots que j’ai jamais réussi à faire proprement, elles l’exécutent dans une fluidité idyllique (bon je plane encore un peu).

13 h : Déjeuner à la maison avec Domi et Béa.

Le téléphone sonne, elles râlent toute les deux, c’est la cuisinière qui ne viendra pas pour préparer à l’ avance tous les plats de la semaine. Comme je n’ai rien prévu ici, je me propose d’être leur cuisinière.

14 h : Courses avec Béa.

16 h : Je profite de la sieste de Béa et de Pascale qui vient de rentrer de sa dernière garde à l’hôpital avant deux semaines de vacances, pour leur cuisiner deux jolies tartes salées à la française.

19 h : Uruguay /Chili à la télé : les filles sont à fond !

21 h : Pascale et sa copine m’amènent à une soirée d’anniversaire d’internes. Pascale me prévient : « tu vas voir c’est comme dans « Grey’s anatomy »nous rentrons sagement au petit matin et récupérons Domi en ville avant.

SAMEDI 9 JUILLET

11 h : Je me lève dans le froid, me recouche pour mailer au chaud, me rendors plus tard, je croise Pascale en vacances.

16 h : École de danse où j’ai rendez-vous avec Francisca pour partir en week-end à Valparaiso en bus. Fin du cours, Béa nous accompagne au métro avec une poignée de filles qui descendrons petit à petit tout le long du trajet. Avec Francisca nous sortirons au bout de la ligne au central de bus. Elle me parle de son homme qui a une quinzaine d’années de plus qu’elle, il est prof, elle me montre sa photo. Comme on s’approche du guichet pour prendre nos billets, il y a le même homme que sur la photo devant nous. Quelle surprise, il part avec sa fille en week-end mais pas dans la même direction. Leur complicité est troublante, trop difficile pour moi, je m’éclipse pour aller acheter un café et un autre truc dont je n’ai pas besoin en attendant le départ du bus.

17 h : Francisca va à Valparaiso pour voir danser l’équipe du ballet national dont elle fait partie. Ce soir, elle assiste à la représentation pour un futur remplacement. Elle est jolie, douce et délicatement grande. Avec son petit français et mon petit espagnol, le voyage sera « muy rico et muy lindo ». Nous parlons entre autres de la Roumanie où elle sera bientôt pour danser.

18 h : Nous entrons dans cette ville surprenante, rejoignons l’université en bus où elle a rendez-vous et où Bernardita la sœur de Béa, leur mère Évelyne et la famille viennent me chercher pour le week-end. « Hasta luego Franscisca ». Visite de la ville à la tombée de la nuit dans la voiture familiale conduite par Hugo, le mari de Bernardita et le père de Maximilien, 14 ans, qui est derrière avec moi. Leur invitée, Olivia, est au milieu avec Bernardita. Olivia est pianiste, accompagnatrice de leur fille qui est danseuse a Paris. Elle est en vacances en Amérique du sud pour plusieurs semaines.

19 h : La visite finie, nous rentrons par la route du littoral à Concon où nous attend depuis toujours la petite cabane familiale. Atelier bricolage avec Hugo pour un lit supplémentaire.

Atelier oursins avec Maximilien, qui maîtrise l’affaire et la mayonnaise qui va avec. Dîner familial avant une promenade digestive jusqu’à 1h du matin dans cette cité balnéaire aux parfums d’asado (barbecue).

DIMANCHE 10 JUILLET 2011

10h : La maisonnette en bois s’éveille doucement. Les petits-déjeuners se croisent, c’est la fin du week-end. Défaire et refaire les lits, charger la voiture.

11h : Départ vers le nord par la cote, je ne vois pas Valparaiso de jour, mais je me baignerai à la première occasion dans ce Pacifique au courant glacé qui arrive du sud. Visite touristique, village d’artisans de la laine, demi-tour pour cause de fête qui bloque la route principale et qui n’est pas signalée en amont. Arrêt gourmand, spécialités du pays à la dolce de leche.

17h : Santiago. La maison est silencieuse, la grande famille du petit prince Maximilien vient de me déposer devant. Pascale est là, elle n’a pas bougé, elle se repose de ses études à plein-temps.

20h : Béatrice rentre et m’invite pour une sortie dans Santiago bohème avec son amoureux Jorge. Soirée piquante où le français est à l’honneur. Tous les deux sont amoureux de cette langue qui n’est pas la leur. Elle : autodidacte dévoreuse. Lui : étudiant studieux et appliqué. J’assiste à un véritable match linguistique de traductions moqueuses et inutiles, de corrections de prononciations et autres moqueries. Nous parlons ensuite de l’image de la France, de cet incroyable passeport que j’ai en étant né dans ce pays. Ils semblent tous les deux comme envoûtés par cette culture, cette langue au charme indescriptible.

22h : Nous déposons sagement Jorge chez lui, rentrons toutes les deux dans cette maison de filles.

LUNDI 11 JUILLET 2011

Des filles, que des filles ! Dominique, Béatrice, Pascale, des copines qui passent, elles me parlent en français comme de tout naturel.

Mail, organisation, Pascale est en vacances et en pyjama dans la cuisine, puis sur le canapé, puis dans son lit.

Pascale est une jeune femme mature qui semble indépendante, mais qui ne peut l’être par la force des choses. Ici, les études sont très chères, celles de médecine n’en parlons pas. De plus son emploi du temps ne lui permet pas d’avoir un emploi rémunéré à côté. Il est inenvisageable d’avoir une chambre d’étudiant ou un studio afin de se construire socialement une vie personnelle et indépendante avant quelques années de travail, une fois que le crédit d’études est sûrement assuré.

Le pays est justement en crise, les étudiants sont pour la plupart en grève depuis plusieurs semaines.

18h : Anaïs, une autre cousine de Francine de Toulouse, me donne rendez-vous par mail.

Anaïs travaille à l’Alliance Française, à deux rues de la maison ; j’abandonne Pascale pour la retrouver.

Cette jeune psychologue-conseillère d’orientation du lycée français m’emmène dans sa voiture pour une paisible rencontre, unique et rapide à deux jours de mon départ.

Un verre (un grand) de la boisson locale. Je suis juste saoule !

21h : Elle me dépose à la maison. Toutes les filles sont rentrées pour une soirée filles ! On n’est pas bien là ? L’une après l’autre, nous gagnons nos quartiers pour la nuit.

Mardi 12 juillet 2011

10h : Endormie à 4h du matin.

Ce matin, la cuisinière est là pour préparer les plats de la semaine.

11h : Nous avons rendez-vous à l’école de danse avec Pascale pour interviewer Évelyne, sa grand-mère, 86 ans, qui donne encore des cours de danse à ce conservatoire qui est le sien.

12 h : Évelyne nous invite à déjeuner dans sa grande maison avec Pascale et Olivia qui ont assisté à la discussion.

Au téléphone la cuisinière n’est pas contente, elle nous avait préparé à manger à la maison pour midi.

15h : Retour à la maison avec Pascale, avec une petite halte coutumière à la poste.

16h : Préparatifs et organisation finale de mon programme pour le reste de l’America …

19h : Le Chili gagne contre le Pérou.

Les danseuses de Béatrice arrivent pour préparer son anniversaire surprise, profitent de son absence pour décorer la maison de ballons, de guirlandes, et remplissent la table de mets délicieux.

21h : Béatrice entre dans la maison sans lumière et envahie de supers nanas. Elle bondit quand la lumière s’allume.

On est plus de 17 à l’attendre. Soirée filles…

3h : Au lit ! Bye bye Béatrice.

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