Alix Soulié

 Alix-Soulie-Equateur  Equateur

Mercredi 13 Juillet 2011 (Santiago-Quito)

10h : Valise dans cette maison toute calme.

11h30 : Bye-bye mimi Dominique. Pascale m’accompagne jusqu’à l’aéroport, l’occasion de parler un peu plus de sa grande famille et de sa vision des choses.

12h30 : Bye-bye jolie Pascale.

15h20 : Après une nouvelle errance dans un aéroport immense, j’embarque et je décolle au dessus des montagnes et puis des nuages, au côté de Lolie, journaliste équatorienne de plus de 50 ans qui vit au Chili et qui rentre quelques jours dans sa famille à Guayaquil, où nous faisons escale. Ici les gens s’embrassent avant de quitter l’avion, je veux dire, embrassent leur voisin de voyage avant de descendre. Une bise pour Lolie.

21h15 : Quito, Ecuador.

C’est Gaëlle qui m’attend à l’aéroport, une grande brune au merveilleux sourire, Gaëlle est ma correspondante de l’Alliance française de Quito en attendant le retour de Chrystel, la directrice culturelle.

22h : Nous déposons les bagages à la casa Manolo (une auberge tenue par un argentin), puis nous rejoignons quelques-uns de l’Alliance à une soirée de départ en vacances. J’arrive en plein chassé-croisé vacancier des expatriés.

23h : Retour à l’auberge pour dormir dans mon nouveau lit (je ne les compte pas). Impossible de dormir, l’altitude m’étouffe (2000 m).

Jeudi 14 Juillet 2011

Journée de préparatifs, je prends mes marques dans ma nouvelle maison.

19h : Alliance française pour la soirée nationale. Après les discours, les fromages, les vins et les pâtés français, c’est l’heure du karaoké. Je n’y échappe pas, on m’a mise en tête de liste et j’ouvre le bal.

23h : Retour en taxi avec Stéphanie, la directrice de l’alliance de l’Oja (Equateur Sud), venue à Quito pour l’événement.

Vendredi 15 Juillet 2011, Quito

Matinée classement d’images pour le diaporama que je présenterai à la soirée du 19 Juillet. Me replonger dans 5 mois de photos me fait réaliser l’importance de tous ces clichés, qui n’ont parfois pas d’intérêt pour vous mais qui me redonnent de la mémoire. Grâce à de simples détails, tout prend sens, des scènes s’écrivent d’elles-mêmes et donnent un sens à mon travail. Tout se regroupe, il y a des liens qui se font dans mon crâne entre plusieurs femmes rencontrées à des millions de kilomètres… Et la machine se met en route.

12h : Déjeuner avec Hervé, monsieur le directeur de la médiathèque de l’Alliance, et Kévin « le stagiaire ».

14h : Préparation de la salle pour accueillir mon premier groupe de filles en Amérique Latine.

15h15 : Elles ne seront que 3 sur 8 à venir, mais bon, une bonne équipe, Sarah, Imena et Diana.

17h : Bye-bye Gaëlle, nous n’aurons pas le temps de nous rencontrer plus, c’est l’heure des vacances.

18h : Traversée de la ville à pied pour rentrer à l’auberge. Cette partie de la ville est sans intérêt, désertée, juste des voitures qui passent et qui m’intoxiquent. Plus loin, un quartier de touristes, pas touristique, seulement des bars, des restaurants et un grand supermarché. Je vais pouvoir cuisiner. J’achète des valeurs sûres et aussi des légumes inconnus sans connaître leur saveur. Si la dame devant moi les achète, c’est que ça doit bien se manger !

Je pensais bouger de cette auberge pour aller dans une famille de couchsurfers, mais la chambre est à 8 dollars, j’ai trop envie de cuisiner et de ne pas ranger mes valises. La maison est charmante, et il y a plein de filles.

Samedi 16 Juillet 2011. Quito

08h : Je suis si bien ici que j’ai installé mon bureau sur la grande table en bois massif qui, à l’heure de la « comida », se remplit d’assiettes qui se vident. Avec l’altitude je n’ai pas vraiment bien dormi.

11h30 : Je déjeune avec Radegonde qui rédige mon blog via Skype.

12h : Sortie en ville. Tentative d’aller plus loin pour voir autre chose que rien. Les murs sont hauts et ornés de tessons de verre. Puis les couleurs arrivent, puis une grande avenue derrière un parc où les familles sont au complet, détendues dans l’herbe. Tout autour un marché plus ou moins artisanal, touristique. Les « gringos » sont rares en ce samedi. Le tourisme reste local et latino. C’est l’hiver, mais avec l’altitude les degrés montent assez vite après les nuits froides et humides.

15h : Retour à l’auberge après 3 h de marche à 2000 m, ça ira pour aujourd’hui. Un mail de Toulouse. Enfin… Juste quelques mots, attendus, inattendus ? Enfin quelques mots incertains, le message est clair, pauvre, faible et découillu, mais il existe.

Puis Raphaël m’a donné rendez-vous pour faire mon secrétaire blog. Nous finissons son samedi soir ensemble, pour le mien il n’est que 17h.

17h : Édition du blog, cuisine, mail, il y a un concert au coin de la rue qui vient jusqu’à nous, je sors prendre l’air pour voir.

Expos, tags et groupes très rock. Retour rapide à la maison, fin de journée. Je m’endors en réalisant encore une fois que quand les mecs auront des couilles, j’en trouverai peut-être un qui aura le courage de mes choix. Je pourrais faire ma route avec une femme, mais non, elles ont beau être mon obsession ces derniers temps, les occasions et les opportunités sont sans fin, mais non je m’obstine à réécrire de belles histoires avec ces êtres aux innombrables faiblesses, ça doit être ça qui me plaît chez eux. Va falloir penser à revoir ce point en rentrant, bonne nuit.

Dimanche 17 Juillet 2011

Nuit amère.

8H : Réveil amer, j’ai pas encore mangé, je tourne en rond dans la cuisine quand un nouveau pensionnaire vient me demander un café comme si j’étais de la maison. Et comme je suis amère, je lui réponds que je ne parle pas anglais, ni espagnol, mais le con, il parle aussi français ! Pfff… Ok, tiens, un café, amer… Mais tu ne me parles pas !

J’écris toute la matinée pour vite faire mon ménage interne, pour continuer à avancer. J’ai un peu de fièvre, c’est dimanche et les filles de l’asso ne répondent pas à mes mails et à mes appels téléphoniques. Je devais rencontrer des femmes dans un village plus bas avec elles.

13h : Sortie courses : J’achète un énorme tube de lait concentré, du chocolat et des cigarettes !

14h : Pas de nouvelles des filles de l’asso.

Je hais les dimanches.

Je me relance dans la sélection de photos pour le diaporama que je projette dans deux jours à l’alliance. En revoyant toutes ces images, d’autres images me viennent en tête. Les souvenirs continuent à se coordonner avec d’autres. Ce voyage commence à prendre une autre couleur, et mon travail sa place. Je hais quand même les dimanches.

Lundi 18 Juillet 2011

10 h : Diana de l’atelier m’a confirmé notre rencontre dans un café à côté pour un entretien. Elle répond à mes questions en espagnol, je suis au bord des larmes tant je comprends tout sans intermédiaire, c’est magique. Diana a tout juste la vingtaine et son histoire est déjà hors norme.

Qui a mis sur ma route toutes ces femmes ?

C’est parti, la semaine reprend !

13h : Rendez-vous skype avec Radegonde.

15h : Rendez-vous Alliance française avec Chrystel, la responsable des affaires culturelles de retour de vacances. Nous allons faire connaissance, elle arrive la veille de France et semble en décalage complet, c’est très drôle de voir ce que cela fait chez les autres. Chrystel est toute calme, toute douce, et encore plus aujourd’hui c’est évident, je vais à l’essentiel et ne l’encombre pas de superflu, et puis de toute façon, on a tout mis en place avec Gaëlle avant qu’elle ne parte.

16h : Je rentre par la ville à la recherche de féminité, j’achète du chocolat et je rentre pour finir de préparer ma journée de demain.

Mardi 19 Juillet 2011

Matinée classement de photos à l’auberge, suite et fin.

14h30 : Atelier, Imena et Diana sont revenues avec leurs amies respectives Assoussena et Diana.

17h : Seules les Dianas peuvent rester à la présentation, nous préparons cela sans savoir s’il y aura foule ou si l’on passera la soirée ensemble, et c’est tout.

19h30 : Bon, bah, on va attendre 20h. Une petite dizaine de personnes sont venues, pas mal pour des vacances et une comm’ basique. Coincée dans les loges, je n’ai pas pu voir les Dianas sur leur petite présentation. Premier échange sur ce sujet avec la projection des photos. Les questions sont surprenantes, mais c’est encore une fois le moyen de mettre le doigt sur des points importants de mon travail que je ne savais pas expliquer et qui sont devenus des évidences à présent.

22h : Chrystel qui a suivi l’affaire avec le sourire m’emporte dans un vieux 4X4 Lada dans son quartier pour une grande pizza avec vue sur un magnifique vallon illuminé. On se croirait en Italie. Je découvre encore une femme que je ne découvrirai pas beaucoup plus.

Mercredi 20 Juillet 2011

Matinée mail.

14h : Centre-ville historique, Chrystel m’a dit hier qu’il ne fallait pas louper ça…

Après la visite de l’exposition consacrée aux femmes au Centre des Arts contemporains, je redescends dans une grande rue en pente à côté de cette cathédrale surnaturelle. Enfin je croise des équatoriennes dans la rue. Je suis avec de vrais gens, pas des touristes. Une maman qui descend la rue avec son bébé en poussette et son fils de 11 ans m’interpelle après m’avoir doublée plus de 3 fois comme j’étais retardée par la prise de photographie. Nous faisons la route ensemble jusqu’à l’organisme où elle va enregistrer son fils pour son entrée au collège la rentrée prochaine. Je les laisse dans cette cour intérieure coloniale poutrée de bois sombre, et m’aventure dans cette vieille ville. Je ne vous ferai pas la visite, trop à dire : les femmes, les rues, les gens, la vie. Comme je regrette de ne pas être venue ici plus tôt.

16h : il faut retrouver un bus pour retourner à l’Alliance française où Chrystel m’attend. Sans plan de la ville et sans numéro de bus. Je saute au feeling dans un bus avant d’aller plus loin dans une rue louche où les gens qui attendent les bus me regardent d’un air : « Prend le bus avec nous, c’est pas bon pour ta petite gueule de gringa par là-bas ! ». Bah le bus, il s’est arrêté à l’entrée de l’avenue de l’Alliance française, ce qui fait que je ne suis pas arrivée trop en retard.

17h : Pliage de table, téléphone à Giovani pour chercher les horaires du bus que Chrystel a cherché pour moi, c’est juste un bonheur d’avoir ce genre d’aide.

Giovani m’attend le lendemain à 16h à Puyo (la porte de l’Amazonie), mais je ne sais rien de son organisation.

17h30 : On charge la table dans la Lada et on file à la biocoop avec Chrystel que j’ai mis en retard. En fait son amoureux l’attendait là bas.

La biocoop est à deux rues de l’auberge, un petit rez-de-jardin ouvert une fois par semaine avec les produits de la vallée. Les agriculteurs et artisans s’y relaient pour la vente en compagnie d’Imena qui a participé à l’atelier. Je me pose et j’écoute.

18h : Chrystel me dépose avec ma table, bye-bye Chrystel.

18h15 : Je retourne à la biocoop à pied pour voir un peu plus Imena, et Diana se pointe pour un dernier bye-bye. Elles me déposent avec son amie prés de l’auberge. Tout ça ne sont que des petits bouts de rab que j’aime avoir avant de partir.

19h : A la table en bois massif, deux nouvelles Suisses qui parlent un peu français, et la petite française avec qui j’échange quand elle n’est pas en train de se poupouiller avec son mec depuis une semaine. J’étais contente de discuter avec cette tablée de fille, ben, ça n’a pas duré. Mademoiselle « j’ai fait des études de commerce, de sociologie et les chiffres c’est mon affaire » me prend la tête avec un pourcentage que j’avance dans une simple discussion et me dit que je ne dois pas avancer des chiffres sans avoir sous le coude la référence du cabinet d’étude. Je ne comprends pas sa remarque et je tente de comprendre dans la cuisine entre deux voyageurs qui font la vaisselle. Une minute de plus avec l’altitude, et je lui faisais bouffer l’éponge. Mais les deux suisses qui ont senti le truc venir l’ont embarquée pour aller boire un verre. Ouf ! Je ne la reverrai plus ! (Bon, je fais un peu soupe au lait, mais le sujet de la discorde était plus important que sa connerie).

La maison s’est vidée, ça fait du bien, mais j’ai besoin de vider mon sac, il y a la petite ange texane qui vient s’asseoir en face de moi avec son petit ordinateur blanc. Je lui parle de mon petit énervement et de ce qu’il vient de se passer. En 2 minutes, ça n’est plus qu’un souvenir, puis nous parlons du Texas, d’Obama et de ce qu’elle fait ici. Sarah a juste 21 ans, c’est fou tout ces jeunes qui mettent leurs études de côté pour travailler dans des ONG à l’étranger.

21h : Elle va se coucher et un groupe d’étudiants colombiens en séminaire sur l’énergie nucléaire à Quito m’encercle. Les deux filles du groupe sont en face de moi. Bien sûr, nous parlons du nucléaire, c’est drôle comme ils sont formatés « énergie propre », même avec ce qui vient de se produire au Japon, leur discours est tout lisse. Je ne prends pas position, j’ai assez donné pour ce soir. Je pose juste des questions. Ils ne sont pas bornés, on va dire que c’est surtout des passionnés, des grosses tronches même. Mes questions leur suffiront à voir les choses du côté humain. Je les laisse bûcher leur physique atomique, ils ne sont pas couchés ! Les filles, c’est Nathalie et Natalia, bonne nuit les petits.

Jeudi 21 Juillet 2011 (Quito -> Puyo)

7h : Réveil difficile, cela va sans dire, on ne sort pas indemne d’une discussion sur la physique nucléaire tard dans la nuit.

9H30… enfin 35 : Le taxi est presque à l’heure. Il est gentil mais il me fait le coup du « Vous ne serez pas acceptée dans le bus avec tous vos bagages ». Je lui fais mon sourire le plus charmant et me remercie de me déposer à la station de métro (Bus métropolitain qui relie Quito au terminus international), je n’ai pas 200 dollars pour une heure de taxi alors que le métro me coûte 25 cents.

10h00 : Métro-bus sans problème. Deux français se posent à côté, elle, voyageuse dans l’Amérique latine depuis 7 mois et pour encore 5 mois, lui, un ami qui l’a rejointe pour les vacances. En une heure de trajet avec ces deux-là, je tente sans forcer de recueillir son impression après toute cette route, mais elle semble bien fermée et comme blasée. Je n’insiste pas, c’est verrouillé par ici.

11h 00 : Terminal du bus tout neuf.

Bus sympathique.

Film ultra-violent. Deux à la suite, avec des petits bouts de 2/3 ans les yeux rivés dessus tout le long du voyage. Mes voisines changent et je suis heureuse de pouvoir converser avec elles. Dans cette entrée montagneuse de l’Amazonie, je ne sais pas si je préfère les grands ravins ou les sept tunnels successifs qui réduisent de moitié le trajet Quito-Puyo (pour soit-disant plus de sécurité, mais qui moi ne me rassurent pas).

16h15 : Arrivée à Puyo sous la pluie. Giovani est là, je le reconnais de loin avec ses petites lunettes. Dans la voiture, une jeune femme, je pense que c’est sa compagne. Giovani ne me dit rien et c’est le début de grands moments de communication. Giovani a beaucoup de talent, mais pas celui-là, et le meilleur reste à venir…

On arrive chez lui. Là, je comprends que la jeune femme est une cousine nounou et que sa compagne nous attendait à la maison, c’est Tania qui m’accueille avec le sourire, juste le temps de papouiller le bébé Matias, et hop on y va ! Giovani me propose de déposer mes affaires avant d’aller au théâtre, leur théâtre. Du coup, je laisse ma table dans la voiture, comme ça elle y sera une bonne fois pour toutes.

Tous les membres de la compagnie les attendent pour la répétition. A la fin, il me présente et m’annonce que je ferai l’atelier avec eux. En discutant du planning, Giovani tombe de haut quand je lui reprécise que je pars le 26 car j’ai trois jours de bus pour Lima. Enfin, je passe les détails, il m’annonce qu’il m’a organisé un autre atelier jusqu’au 27, à Ambato , une ville plus bas dans la vallée, avec des femmes moitié pro et moitié pas pro. A la base, il m’avait organisé un stage avec des femmes d’ici. Bon ben… Je ferai un stage avec des pros, des filles et un garçon, ok, je m’adapte, même si je suis déçue… A part ça, l’accueil est généreux, les filles sont très curieuses et sont ravies de ma venue.

19h : Giovani nous invite avec Omar, Lizeth et Tania pour manger un bon poulet-riz. Dans la voiture, il me demande si j’ai besoin pour la nuit de mon sac que j’ai laissé chez eux. Je ne comprends pas bien… Ah… Je vais dormir chez la maman d’Omar ? Pourquoi m’a-t-il fait déposer mon sac chez eux ? Il est vraiment étrange ce garçon. Lizeth est une étincelle, c’est l’amoureuse d’Omar, ils sont tout jeunes, 20/23 ans, mais Omar vit chez sa mère et Lizeth dans une chambre en ville.

20h : On passe prendre mon sac chez Giovani, et on repart de l’autre côté de la ville, on en sort même, un chemin de terre, des cailloux, stop. On ne peut pas aller plus loin en voiture. Dans la nuit, je suis Omar, à la lueur de la lune, nous entrons dans la jungle. La maisonnette est dans le noir, Omar réveille sa mère que je ne vois pas, pour lui demander où sont les deux paires de bottes. Et nous voilà sur un chemin de boue. J’ai ma super lampe Petzel, à 100 mètres de la maison familiale, une cabane en bois avec deux lits. Bien qu’il fasse très frais, j’installe ma moustiquaire parce que je suis sérieuse Marie-Pierre, et puis ça sera contre les autres bêtes s’il y en a. Omar est inquiet de m’abandonner là, moi je suis trop contente. C’est mieux que tous les Noël du monde, bon, ok, je déteste Noël. Il s’en va dans sa maison après s’être assuré que je ne manque de rien, pour les toilettes, c’est nature. Et je m’endors avec le sourire, le chant des petites bêtes et les bruits curieux.

Vendredi 22 Juillet 2011 Puyo

6h30 : « Kikiriki », oui ici le coq fait «kikiriki ». Je me prends pour Marcel Pagnol, poussant pour la première fois les volets de la Bastide neuve. Je suis derrière la porte en train de piétiner, voilà, je suis prête. Bah voilà, je suis dans la « serva » !

7h00 : Mes bottes, mon sac, je prends le chemin pour la maison qui doit être là-bas derrière les touffes vertes.

J’entre timidement dans la cuisine, ça sent bon comme dans un rêve. Je trouve une superbe femme au fourneau. Je suis surprise, elle est si jeune, un petit morceau de 4 ans qui en paraît 3 est accroché à son pantalon, c’est Hebert, le petit frère d’Omar. Cette femme, c’est Lupe [Loupé]. Elle a 46 ans et elle est… wow ! Dans la maison, il y a aussi le frère, 18 ans, il s’arrange toujours à ne pas se montrer quand je suis là, une vraie tête à claque. Je ne sais même pas comment il s’appelle. Il y a aussi Meçias, le papa de Lupe, qui est bien vieux, 86 ans je crois. Lupe est sa fille unique, sa femme est morte quand Lupe avait 3 ans. Elle vit donc avec ses quatre mecs dans cette maison car ses deux filles sont à Ambato pour leurs études. Elles ont 14 et 17 ans et ne viennent même plus pour les vacances. Cinq enfants, un corps de déesse de la « serva », il faut dire qu’avec son père, ils travaillent beaucoup. La canne à sucre est leur culture principale et elle est en train de mettre en place deux gîtes touristiques à l’emplacement où j’ai dormi. Il y a encore du boulot.

D’une voix toute douce, elle dit « Omar ». Il dort de l’autre côté de la cloison de bois. C’est juste un bonheur de manger le petit-déjeuner à cette table en bois, de l’écrire me pique le nez d’émotion. Une infusion, des œufs, du manioc. Elle parle tout doucement, je suis envoûtée.

9h00 : Avec Omar, nous rejoignons à pied la route principale par le chemin de pierre pour prendre le bus de Puyo.

9h30 : Premier atelier avec le groupe de Giovani.

12h30 : Soupe et riz-poulet à la cantine du coin.

13h30 : Pause dans la petite habitation de Lizeth.

15h : Visite de la ville avec Omar en direction de la maison, 2h de marche le long du « rio », l’occasion d’en savoir plus sur tout et de poser des questions.

17h : Arrivée à la maison où Lupe est en train de faire le terrassement de sa cour centrale.

19h30 : Repas en famille.

20h30 : Les bottes, le chemin et au lit.

Samedi 23 Juillet 2011

7h30 : Petit-déjeuner en famille. Il y a eu une grosse pluie toute la nuit, le jungle est un marécage.

8h : Je me décide à aller sous cette douche glacée dans cette cabane rudimentaire. Wow, on est en Juillet, mais je vous rappelle qu’ici c’est l’hiver, enfin… entre-deux, on est en Equateur.

9h : Bus

9h30 : Atelier, j’ai la bonne idée de proposer aux filles une petite séance d’équilibre pour finir l’atelier. Une seconde d’inattention, et ping ! En parant une d’entre elles qui fait des petits bonds pour relever ses fesses sans succès, je commente l’équilibre d’une autre et c’est justement à cet instant que les fesses de la première se lèvent enfin et viennent percuter très violemment ma mâchoire bavarde. Je fais un bond en arrière et je tombe ko. Un instant, je reprends mes esprits… ok ! Tout va bien, enfin c’est ce que je crois. Sur la séance d’étirement, certains mouvements deviennent impossibles et ma mâchoire me fait affreusement mal. Bon…

13h00 : Soupe, riz.

13h30 : Sieste impossible chez Lizeth tant mon dos me fait mal, je ne peux plus m’allonger ou marcher droit, alors je profite de son ordinateur pour lancer un message SOS à Marie-Pierre.

16h00 : Je suis quand même les filles pour la promotion dans la rue du spectacle de ce soir, Lizeth est au micro, elle attire l’attention des passants avec son franc-parler et sa silhouette attrayante.

19h30 : « Espectaculo » : Tania et Giovani dans un spectacle de théâtre d’objet, c’est la deuxième représentation, un franc succès, la salle est pleine, je finirai le spectacle par terre tant mon dos me fait mal, impossible de trouver une position confortable.

21h 00 : Nous espérons avec Omar que Giovani va nous raccompagner, mais non, nous l’attendons pour rien et nous rentrons en taxi. Dans les virages et surtout le chemin de pierre, je me retiens de hurler tant les secousses me font souffrir. Je continue le chemin impraticable pour les voitures en m’agrippant à Omar. Je ne peux plus marcher droit, mon corps est en angle droit, penché en avant. Arrivés à la maison, on chausse les bottes pour rejoindre ma cabane, le chemin est détrempé et mes bottes s’enfoncent dans la boue, c’est une torture…Omar va coucher sa vieille Alix. J’attends quelques minutes après son départ pour m’allonger dans le lit. Seule, dans cette cabane, je peux enfin hurler ma douleur. J’avale deux cachets de paracétamol, et je respire pour me calmer. Bon, c’est quoi le problème ? Je scanne mon corps pour comprendre ce qui se passe, les cachets font effet et dans un semi-sommeil, je pense à un rapatriement, est-ce que l’assurance va fonctionner, est-ce que je vais pouvoir marcher demain, est-ce que je vais pouvoir remarcher un jour ? J’ai essayé toutes les torsions pour remettre ma colonne en place, non c’est plus bas que ça se passe, ça ressemble à une bascule du sacrum, ça m’est déjà arrivé il y a quelques années, mais quel rapport avec ma mâchoire ?*

« Bah, dors comme tu peux et fait confiance à ton corps, tu verras demain ».

Dimanche 24 Juillet 2011

06h : Je me traîne jusqu’à la maison. Après avoir gobé deux cachets, je mange un bout.

08h : Meçias est le docteur de la famille, le vieillard a des mains en or, mais je dois repartir au théâtre et son massage me permet juste de mieux marcher. Il a chassé les tensions de la nuit, mais le problème est toujours là.

09h00 : Lupe a commandé un taxi, c’est son jour de marché, nous allons en ville tous les quatre avec le petit Hebert qui n’est pas plus bavard que son frère dont j’ai oublié le nom, tout le contraire d’Omar.

09h30 : J’organise dans le dernier atelier des petites formes et je leur annonce que je ne pourrai pas leur montrer mon travail ce soir comme prévu.

13h00 : Petite cantine, ce que je mange quand j’ai mal !

14h30 : Retour au théâtre.

15h 00 : Nous présentons le travail à Giovani et l’oncle français d’Omar qui sont nos seuls spectateurs. Le groupe est content des ces trois jours d’ateliers, nous en parlons, je fais bonne mine assise par terre comme une petite fille dans son bac à sable, la seule position à peu prés supportable.

18h : Je m’échappe pour me connecter dans un petit office net, juste pour voir si Marie-Pierre m’a répondu. Oui, elle est toujours là pour moi, et son franc-parler me redonne le sourire. Elle m’invite dans un premier temps à faire une visite chez un dentiste.

« Comment vous dire que je suis dans la jungle ??? Bon, je verrai demain à Ambato si je ne meurs pas avant… »

18h15 : Retour au théâtre, Giovani m’annonce que demain je dois prendre un bus, il n’en n’avait pas été question, nous devions y aller ensemble en voiture à Ambato. Je suis si abasourdie que j’obéis encore une fois, mais il y a plein d’incompréhensions, on ne me dit pas tout. Ils nous déposent en voiture à la maison avec Omar et ma table. Bye-bye Giovani, bye-bye Tania.

19h : Omar m’accompagne jusqu’à la maison, puis redescend jusqu’à la voiture, Lupe reçoit un message téléphonique disant qu’il est reparti en ville avec eux pour les aider à charger la voiture, car Giovani repart à Quito demain. Je ne comprends rien, j’ai mal, et en plus on me la fait à l’envers. Je m’assois dans la cuisine en face de Lupe, je n’arrive plus à me concentrer sur mon espagnol, la communication est difficile, je l’embrasse, met mes bottes et vais me coucher en m’imaginant avec mes 56 kilos de bagages sur le dos pour rejoindre Ambato.

Lundi 25 Juillet 2011 Puyo-> Ambato

7h : Pas le choix, il faut y aller. Valise. Je laisse la moustiquaire, je n’en n’aurai plus l’utilité, et puis je me vois mal escalader les poutres pour la décrocher. Ça sera mon cadeau pour Lupe, pour ses prochains clients.

8h : Après le dernier petit-déjeuner en famille, Lupe, Omar et le petit Hebert m’accompagnent jusqu’à la grande route où je dois prendre mon bus. Le petit Hebert aide même son frère de façon symbolique mais touchante à porter ma valise rouge. J’ai enfilé mon gros sac à dos, curieusement ça me fait du bien, les 20 kilos m’ouvrent vers l’arrière sans trop de douleur, c’est plus tard en le retirant que j’aurais un bon contrecoup.

Pour ne pas faire un déchargement de bagages entre deux bus, nous tentons d’arrêter trois bus en direction d’Ambato sans passer par le terminal de Puyo. Lupe et le petit ronchon qui me sourit enfin rentrent à la maison, bye-bye Lupe, bye-bye Hebert. Après deux bus qui ne veulent pas s’arrêter, avec Omar nous nous imposons au milieu de la route pour que le troisième n’ait pas le choix.

10h : Omar a à peine le temps de demander au chauffeur s’il va bien au terminal d’Ambato où la sœur de Giovani m’attend. Non, il n’y va pas, mais pour 2 dollars, un taxi m’y emmène. Omar est bien embêté, je lui dis de ne pas se préoccuper, bye-bye Omar !

Trois heures de bus à travers la jungle dans un car quasiment vide qui sera retardé par un contrôle de police. Je descends car je me doute que mes bagages posent problème. Je dois répéter trois fois que ce bagage est une table : « My mesa, si, una mesa, my mesa ! » avant de retourner dormir dans le bus.

13h : Grande avenue périphérique dans Ambato, on me décharge gentiment, le chauffeur et sa femme m’arrêtent un taxi pour le terminal. Le terminal est grand, d’un « locutorio », j’appelle Giovani sur son portable pour qu’il dise à sa sœur où je suis exactement.

14h : Là, c’est le pompon sur la cerise du gâteau. Comme j’attends sur les marches du « locutorio » que j’ai indiqué au téléphone, qui je vois qui se gare devant moi ? Giovani ! J’hallucine, c’est quoi ce plan ?!

« – T’es pas en train de donner un stage à Quito ? »

« – Non » (il fait des bulles avec sa bouche pour conclure sa phrase par :) « Finalement, c’est Ambato »

« – Tu sais que j’ai très mal au dos, pourquoi tu ne m’as pas emmenée en voiture ? »

« – Parce que bleblebleble, je suis parti hier bleblebleble…»

« – Mais mes sacs ! Ma table ! Pfff… c’est quoi ce plan ? J’ai un atelier à 15 heures ! »

Il fait le mec sérieux qui ne doit pas se justifier et qui est très pressé, il me dépose à l’hôtel où Mariza viendra me prendre en charge pour la suite. Je lui demande si on se reverra du coup, il me répond que oui sûrement ce soir pour le dîner (je ne le reverrai plus bien sûr).

14h15 : Mariza, une petite nana dynamique de 40 ans, responsable culturelle de la ville, vient me chercher à l’hôtel avec un de ses collègues. Nous allons déjeuner, vite, vite, très vite. Juste le temps que Mariza m’annonce qu’il y a plus de filles que prévu, dont une en fauteuil roulant.

15h : Premier atelier à Ambato :

Hétéroclite, je m’adapte, je m’adapte, je m’adapte, mon cerveau cherche des solutions, l’espace est ridicule pour ce grand groupe, il y a un vide de deux mètres sur le bord de la scène et des filles qui courent en chaussettes (ou en fauteuil roulant) sur un parquet vitrifié glissant. Pliée en deux, je mène un atelier chaotique qui sera une prise de température pour les prochains jours.

18h : Retour à l’hôtel. Première vraie connexion depuis Quito, juste le temps d’appeler au secours pour trouver une solution pour mon dos et de demander à Giovani quand il compte me donner les horaires de bus qu’il m’a promis.

19h : Restaurant avec Mariza (la municipalité prend mes repas et mon hôtel en charge, ils ont dû m’inclure dans le budget du festival de chant qui a lieu ce soir). Je fais un point avec Mariza sur l’atelier et lui fait part de mes exigences.

19h30 : Nous rejoignons l’équipe culturelle où a lieu le festival international de chant d’Ambato. Ils m’annoncent que cela va durer deux heures. Je leur dis que je ne pense pas que je pourrai tenir deux heures, mais l’expérience est si surprenante et les fauteuils si bas que mes pieds touchent le sol et que je ne verrai pas le temps passer.

Ma voisine de fauteuil est une participante de l’atelier, elle me dit qu’elle a reçu un texto pour moi de la part de Giovani, comme quoi le bus part à 11h le 28 sans plus de précision que le nom de la compagnie. Et l’arrivée à Lima ? C’est à quelle heure ? Bon super Giovani, merci… Mais la mauvaise nouvelle, c’est que ça n’est pas si peu cher qu’il disait, 70 dollars (de toute façon je suis remontée contre lui).

Pendant ce concert hors du commun dont la plupart des groupes féminins chantent a capella, un des organisateurs vient voir si je tiens le coup. Je suis accueillie à Ambato comme une reine. L’équipe culturelle est humainement au top.

Fin du concert->hôtel-> douche chaude, le rêve ! Au lit j’ai trop mal, je regarde, plutôt je zappe sur la TV jusqu’à pas d’heure en attendant que le cachet fasse effet.

Mardi 26 Juillet 2011

6h00 : Réveil en pleurs de douleur, de rêves étranges : « Attablée à une table ronde face à un grand verre vide de liquide et avec trois mini-tranches de pain sec contre les parois internes du verre», drôle de rêve…

8h : Petit-déjeuner, douche chaude, j’attends des nouvelles de Mariza qui connaît un bon dentiste pour me recevoir dans la matinée.

10h30 : Elle passe me chercher avec son collègue pour une attente latino dans la salle d’attente du dentiste. La dentiste me prescrit un panoramique et des antidouleurs que je ne prendrais pas.

11h30 : Radio panoramique, la salle d’attente est bondée, un deuxième des collègues arrive et la salle d’attente devient le QG de mes supporters. Ils restent avec moi comme des gardes du corps, « une sortie médicale en famille ».

Verdict pour 40 dollars : il y a une belle inflammation derrière le nerf de la mâchoire, et pour finir la dentiste que l’on est retournés voir avec le panoramique en a conclu comme moi qu’au moment du choc j’ai du avoir un mouvement brutal du bassin en arrière, un mouvement qui a du déplacer en effet le sacrum, mais qui n’a aucun lien avec l’inflammation de la mâchoire. Me voilà bien avancée, ici il n’y a pas d’osthéo ou de manipulateurs, et à vrai dire, j’ai pas envie de confier mon sacrum à n’importe qui.

12h : Retour au bureau du service culturel en famille.

13h : Déjeuner en famille, j’adore l’humour équatorien.

14h : Hôtel rapide.

15 h : Atelier très émouvant, dans un espace plus grand, un groupe épuré, j’arrive à intégrer Lorraine qui n’est pas seulement en fauteuil, mais qui est quasi tétraplégique, une maladie qui évolue depuis qu’elle a 10 ans. Son assistante de vie, Adri, a son âge, 22 ans, et toutes les deux ont une belle complicité, chacune aura son indépendance dans l’atelier.

18h : Fin de l’atelier, Mariza m’accompagne à l’hôtel, sur le chemin je lui dis que je ne sais toujours pas à quelle heure mon bus arrive à Lima, et que depuis mon départ Gio me mène en bateau, que j’ai appris tout au dernier moment, que je ne comprends pas quel lien il y a entre sa compagnie et la municipalité d’Ambato. Coup de théâtre qui explique tout ou en tout cas qui peut être une explication du comportement de Giovani. Je n’aurais jamais pensé qu’il y avait un lien entre l’attitude de Gioivani et Mariza, wow !!! Mais je ne peux en dire plus…

19h : Hôtel-> Mail->Je suis morte ->J’ai dit à Mariza que je n’irai pas au restaurant ce soir.

22h : Finalement, je sors acheter un sandwich que je croquerai à peine avant de m’endormir devant un film en espagnol que je comprends très bien.

Mercredi 27 Juillet 2011

6h : Réveil au rythme de la « serva », comme une poule, pas besoin de réveil. Et puis toujours aussi mal, je crois que je m’habitue.

7h : Petit-déjeuner, dans la salle à manger de l’hôtel il y a des peintures que je n’avais pas vues la veille : Notre-Dame et d’autres rues de Paris donnant sur Montmartre. Je suis partagée entre ma douleur et la nostalgie du pays qui est représenté dans n’importe quel coin du monde (il n’y a pas un endroit, une maison, un lieu public où je sois passée sans qu’il n’y ait un signe flagrant, une image de la France). Oui, je suis partagée, seule à ma table avec mon café, je rajoute un peu d’eau…

9h : Je lis les quelques conseils de mes amis acrobates. Pour remettre mon sacrum en place, j’ai tout fait ce qu’ils m’ont dit, mais rien à faire. Je suis interpellée via Skype par Raphaël qui n’est pas de bonne humeur, mais j’accepte quand même le rendez-vous qu’il me propose à 11h30.

10h : Même si j’ai du mal à avancer, je me force à aller faire un tour du quartier. Je suis dans une si jolie ville, à l’échelle de Toulouse, j’y trouve des similitudes. Poste, je me décide à me faire cirer mes pompes, les seules avec mes claquettes en plastique. Sous les arcades, il y a tout les cinq mètres un cireur de chaussures avec un trône équipé de tiroirs à couleurs, de brosses et de chiffons divers. Je demande le service à un des rares femmes cireuses de chaussure. Si elle n’avait pas 100 ans, elle n’en était pas loin, on avait un peu la même position du corps. Oops, 11h 30, je suis encore dans la rue à me traîner, à faire des pauses sur chaque banc public pour regarder les gens, mais aussi pour me reposer.

12h : Raphaël m’attend sur Skype, je suis un légume sur un canapé d’hôtel et je l’écoute m’engueuler et me secouer les puces. Je ne bronche pas, il a raison, pfff… et pis je n’ai pas la force de répliquer, ou si peu, mais ça me secoue bien les idées, du coup je suis au retard au centre pour aller manger avec Mariza. C’est drôle, les équatoriens sont en retard tout le temps, mais ne supportent pas que je le sois, ou plutôt s’inquiètent si je ne suis pas là à l’heure. « Désolé, j’avais une discussion super importante. »

13h : Je retrouve Mariza au restaurant qui s’est finalement renseignée pour le trajet du bus. Donc : Le bus part bien à 11h demain, mais pas d’ici, pas d’Ambato, de Guayaquil, à plus de 7 heures de bus d’ici. Là, faut juste pas que je voie Giovani qui a changé mon programme en m’assurant qu’il s’occupait de tout pour que je sois à Lima le 29. Oui le 29, mais quel état ???? Mariza est désemparée pour moi et fait tout pour rattraper le coup. Elle me trouve un bus pour Guayaquil, mais là, cette nuit, pfff… bah…

14h : Je reste calme, en attendant les filles de l’atelier, je consulte mes mails. Géraldine rajoute une précision à un conseil de son ami osthéo : « si la position ne fonctionne pas quand je suis seule, il faut qu’une personne mette son poids sur moi pour accompagner le mouvement afin que tout se remette en place.» Je suis à bout même si je reste calme. Je demande aux deux premières filles qui arrivent pour l’atelier qu’une me plaque les épaules au sol et que la deuxième pose tout son poids sur ma jambe croisée sur l’autre. Tout le poids ! J’insiste, et de l’autre côté ! Tout le poids !

Là, c’est le miracle, je me lève, plus rien, mais alors rien du tout !

15h : Les filles sont là pour le dernier atelier que je mène droite comme un I. Tout va plus vite, je peux leur montrer tous les mouvements, mais je suis tellement surprise que j’y vais tout doux. Heureusement pour toi Giovani que mon dos s’est remis en place, je vais pouvoir gérer toute tes conneries avec Mariza sans tension, elle est si calme en apparence. Je suis tellement contente d’avoir retrouvé mes moyens que pendant l’atelier j’ai trouvé des nouveaux exercices avec les filles qui en sont ravies. Pas le temps de s’attarder pour dire au revoir aux filles.

18h : La table est pliée, emballée, chargée dans un taxi, nous filons à la gare routière acheter un billet pour Guayaquil.

18h30 : Retour en ville au restaurant où Mariza très émue me dit au revoir.

19h : Hôtel, bagage rapide.

20h : je peux enfin dormir en position allongée, j’en profite et j’écrase jusqu’à 23h30.

00h : Le taxi passe me prendre à l’hôtel.

00H15 : Après 15 minutes de tournage en rond, je réalise que j’ai oublié les pieds de ma table à l’accueil de l’hôtel. Je demande à l’agence de voyage de m’attendre, je fais un aller-retour en taxi, ils me disent ok, je pars en espérant que le bus m’attendra et laisse mes bagages en consigne. De toute façon, le bus n’est toujours pas là, je risque quoi ? Et puis j’ai 15 minutes devant moi.

00h45 : Le bus est là, il m’attend, c’est parti. Un bus, même pas semi cama, je m’en fous, je n’ai plus mal au dos. Pourvu que le trajet ne me redéboite pas tout. Le chauffeur roule comme un dingue, pas le choix, je fais confiance et je m’endors.

Chili arrow-right
Next post

arrow-left Pérou
Previous post