Alix Soulié

 Alix-Soulie-Roumanie  Roumanie

Aujourd’hui 14 avril,

voici plus de 10 jours que je n’ai pas écrit :

Trop de mouvement, trop de rencontres, trop envie de garder pour moi et de commencer à organiser et structurer ce que je suis venue chercher, trop de surprises, trop de mélancolie, trop à gérer ici et à Toulouse, pour le retour, pour les contacts avec les pays à venir et ceux qui sont passés … et trop peu de sommeil.

Du lundi 4 avril au Jeudi 14 avril, je ne vous ferai part que d’un simple emploi du temps exotique.

Et je profite de ce début de deuxième mois de voyage pour ajouter ce qui suit :

– Merci à tout ceux qui ont pris le temps de me laisser au bas de ce blog un commentaire, qui me donnent la motivation pour continuer à écrire, car comme certains le savent cet exercice est pour moi la deuxième épreuve la plus difficile dans ce voyage. Donc n’hésitez pas à me demander des précisions et j’intégrerai une réponse dans les éditions qui suivront.

– Vous pouvez également me contacter sur :

o SKYPE : alix soulie

o Gmail : alix.soulie(A dans le rond)gmail.com

o Et pour les professionnels : cie.anomaliques(A dans le rond)gmail.com

– Je recherche des personnes qui auraient le temps et l’envie de traduire une ou deux pages du blog en anglais, car tout au long de la route la demande est permanente et l’équipe des traducteurs de l’association Anomaliques est déjà très occupée à traduire les courriers divers.

– Vous trouverez à droite en marge de ce blog, une nouvelle rubrique Pays par pays :

o Au Féminin

o Au culinaire

o Haut en couleur

o Au mot

o Autre

Lundi 4 avril 2011 (Zagreb)

9h00 : 2ème atelier avec le 2ème groupe de filles de Zagreb. Plusieurs d’entre elles n’ont pas pu revenir.

Mirna, Vlatka, Mia, Tea, Tai et Alena sont là avec une nouvelle venue : Irja, qui cumule des emplois dans le social et l’éducation. C’était impossible pour elle de venir vendredi pour la première séance. Très belle rencontre, très intéressante séance…

A 13 h00, avec certaines d’entre elles nous partageons un café avec Ina de l’institut français. Je vais ensuite à l’hôpital pour montrer ma blessure au doigt, mais il y a plus de 150 personnes qui attendent leur tour, donc je fais demi-tour et je vais travailler à l’institut français ( téléphone, mail…) tout l’après midi et je finis ma journée à Villa Primorska.

Mardi 5 avril 2011

8h00 : Café rapide avec Dora qui a du mal à se lever.

10h00 : Le studio 2 est à ma disposition pour que je puisse travailler sur ma table, Mirta et Mirna me rejoignent pour partager ce temps.

13h00 : Glace citron et stracciatella avant de retourner à l’institut pour une nouvelle séance de travail (tel, etc.)

18h00 : Villa Primorska, anniversaire rapide et en chanson bien sûr, du petit (2m10) frère de Dora .

Mercredi 6 avril 2011.

8h00 : Café Britanski, écriture

9h00 : Centre de danse Studio 3, Marina m’y attend pour travailler ce qu’elle présentera le soir avec le groupe de filles qui sera là. Nous parlons de son travail de marionnettiste et de la Croatie.

13H00 : Recherche dans la ville de petits fours à la crème pour la présentation du soir.

15H00 : Répétition dans le hall du centre de danse.

18H00 : Mirna, Mirta, Andéa (du premier groupe), viennent préparer leur présentation dans l’espace. Marina ne reviendra pas, son tournage a dû la retenir. Antonia sera là, mais comme spectatrice.

19h30 : Présentation devant un petit comité de 20 personnes et la presse. Nous irons boire un dernier verre place des fleurs avec Mirna, Mirta, Andéa, Antonia, Tena (la directrice adjointe du centre de danse) et une amie à elle, ainsi que Dora et Diana qui sont venues voir la présentation. Nous finirons plus tard avec Diana et Dora dans le vieux Zagreb à la liqueur de Miel…

Jeudi 7 avril 2011

La matinée pour trouver mon billet pour aller à Pécs, pas de bus donc ce sera le train avec 3 changements dont un de 5 mn (chaud).

13h00 : Affaires courantes (Mail…) au Centre de danse, dernier moment avec Tena dans son bureau.

17H00 : Pliage de table… Bye Tena !

Dernière soirée filles en perspective à la Villa Primorska, enfin l’ex de Diana viendra s’improviser… Agitation à la Villa !

3H00 du matin : tout le monde dort, je suis encore en train de taper le dernier journal mais Solène à Paris qui ne dort pas non plus finira de le taper via SKYPE …oufff !!

Vendredi 8 avril 2011

8h00 : Dora s’est enfin motivée pour retourner à l’école ce matin… bye bye Dora !!

9h00 : Je quitte à mon tour la Villa et Diana toute émue…

9h58 : Gare de Zagreb, le train n’arrive pas, il a plus d’1h30 de retard, les 3 changements seront très sport avec les bagages et sans repas (le changement de 1h 40 sera réduit a 8mn), c’est le début de la faim !! Passage de frontières, ok ok, on est bon…

16h40 : Pécs en Hongrie, ici les rues n’ont pas de nom ou que sur les plans.

18h00 : j’arrive enfin à l’Alliance Française où m’attend Aniko, l’assistante de la directrice Gabriella. Aniko m’accompagne à l’auberge de jeunesse « Big Fish » je l’ai mise en retard ; elle file sur sa bicyclette.

Je vais ensuite visiter le « Coultura café » où ils m’ont prévu une intervention le lendemain.

J’ai faim, ici pas d’euro, et j’ai oublié mon code de CB… Ouf, il y a un bureau de change encore ouvert à 19h30.

Samedi 9 avril 2011

Déballage de mes affaires, installation. Première journée depuis un mois où je suis seule au calme dans une maison où toutes les autres chambres sont vides.

Petit-déjeuner et déjeuner de travail, un café Limon dans le vent de Pécs.

15H00 : Nous allons avec ma table au « Coultura Café » ; je suis épuisée, ça tombe bien le soleil est là et le café est vide de public potentiel, alors comme tout le monde dans cette ville, j’irai lézarder mais aussi faire du repérage. Cette ville est parfaite pour jouer dans la rue mais seule une violoniste et une Altiste l’animent (curieux).

17H00 : retour à « Big Fish », un mot en anglais sur mon lit, je comprends tout, enfin … : « Je suis dans la chambre d’à coté, je suis de Nouvelle-Zélande, n’hésite pas à me contacter sur mon portable 000… Si tu veux faire une activité dans la ville avec moi et si je ne suis pas là. ». Comme c’est la chambre d’à côté, j’imagine que c’est un mec et l’idée me déplaît direct.

Finalement je me décide à aller toquer à la porte de cette chambre pour proposer de partager un dîner. Et c’est Kylee, une jeune femme toute blonde à la peau de rousse, très introvertie qui m’ouvre, nous parlerons anglais jusqu’à 2h00 du mat.

Dimanche 10 avril 2011

Nous convenons avec Kylee que, le temps que je travaille ma table, elle fait sa visite touristique de Pécs et qu’à son retour vers 16h00 j’irais jouer dans la ville avec elle derrière l’objectif, elle est toute excitée, moi je suis pas fière.

Les réactions sont surprenantes, les passants s’arrêtent et s’interrogent. Le vent est très fort mais peu importe, le petit four sera à la glace (très très mauvaise idée). Cette réelle première rue sera très riche pour mon travail à venir.

Retour à Big Fish : débriefing avec Kylee, à qui je demande de répéter car son anglais a une saveur néo-zélandaise.

Lundi 11 avril 2011

9h00 : Courses-Poste-Breakfast avec Kylee

13h00 : Départ de Kylee qui traverse seule l’Europe pour profiter de la validité de son passeport suite à la fin son contrat en Irlande et avant de rentrer en N-Z. Cela semble être une épreuve pour cette nana si discrète (je la trouve très courageuse). Sa prochaine destination :Zagreb (je la briefe bien sûr sur les bons coins de Zagreb).

14H00 : Rendez-vous à l’Alliance Française avec Gabriella.

15h00 : Seulement 2 filles seront là pour me rencontrer, deux jeunes femmes de 17 ans avec qui nous partagerons 1h00 sur le sujet qui m’a mené là. Puis Aniko l’assistante de Gabriella prend leur place pour un tête-à-tête surprenant. Une rencontre très émouvante.

18H30 : Gabriella reviendra d’une conférence à l’université avec le conférencier Frédéric Dufourg de Bordeaux et nous irons dîner ensemble. Fred est très bavard et la rencontre avec Gaby n’aura pas vraiment lieu, mais dans cette pizzeria nous aurons tous les trois une grande discussion sur « LA FEMME », avec comme maître de conférence Frédéric Dufourg très intercèdent et connaisseur. Je découvre brièvement Gabriella qui a fait ses études à Toulouse (douloureuse décision), mais qui a choisi de quitter la France il y a 4 ans pour ce poste à l’Alliance Française de Pécs d’où elle est originaire. Nous n’aurons pas l’occasion d’échanger plus en direct…

Mardi 12 avril 2011

Je finis de travailler et de checker mes mails à 4h30 du matin, mets le réveil à 7h00 mais ne me réveille qu’à 9h30, l’heure de mon rendez-vous avec Gabriella qui doit m’accompagner au bus. Ma valise n’est pas faite, le bus part à 10h30, sous les yeux de Gabriella je plie ma table et ma valise en un temps record de 10mn. Je suis très contrariée car c’était la seule occasion de nous rencontrer plus devant un café. Nous arrivons à temps au bus… Bye bye Gabriella, et merci pour cette attention de dernière minute. Nous nous quittons sans vraiment nous être rencontrées.

17H00 : Szeged gare routière, curieuse impression de déjà vu, Szeged a des airs de Buenos Aires en hiver. Plus je m’avance dans la ville plus j’y trouve des similitudes : l’architecture et la largeur des avenues, avec tout ces arbres et ces larges trottoirs.

Rencontre avec Coline, la toute jeune et grande directrice de l’Alliance Française.

Elle est française, son homme est absent, elle m’accueille chez elle pour mon court séjour.

Mercredi 13 avril 2011

8h00 : Petit déjeuner avec Coline, 8h30 elle part à l’Alliance, je reste chez elle pour travailler et préparer les ateliers de 14 et 16h00, mais je n’y arrive plus, pas le moral du tout du tout, je n’arrive à rien.

12H00 : déjeuner avec Coline, nous parlons des Femmes je crois ou des Hommes plutôt…

14h00-16h00 : j’enchaîne de curieux ateliers de 1h30 chacun avec des étudiantes hongroises qui étudient le français. Je crois qu’elles m’ont prise pour une dingue mais elles ont beaucoup ri.

18H00 : Je suis épuisée mais Rita, la professeur de français du groupe du soir, est très curieuse de ma venue et m’invite à partager avec elle et ses 3 étudiantes une discussion en français sur mon projet jusqu’à 20h00. Ensuite,je m’attarde avec Rita en tête-à-tête, elle est hongroise et a vécu en France, à Nice. Son histoire est bouleversante et me rappelle celle de Gabriella (ce choix du retour au pays à contre-cœur). Puis je retrouve Coline chez elle devant un mauvais film français.

Toutes ces filles qui se livrent à moi… il faut que je trouve ma place dans tout ça sinon je ne m’en sortirai pas indemne, il faut que j’adopte la distance d’un journaliste.

Jeudi 14 avril 2011

8h00 : Coline me réveille en musique, elle file à l’Alliance et moi à mes affaires courantes sans conviction.

12H00 : dernier déjeuner avec Coline dans le restaurant de cette si jolie cour où est installée l’Alliance. Mon manque de moral est plus que palpable, Coline cherche les mots pour me remonter…

Je l’accompagne au tram, elle a une réunion en banlieue. Bye Bye Coline

(Marie-Aude tu as bien fait d’appeler ta fille Coline, c’est prometteur comme prénom !!)

15h30 Départ du train pour Timisoara, un train très secouant qui m’endort, un changement seulement. Ici aussi très peu d’hommes me proposent de l’aide pour descendre le sac. A chaque fois ce sont des toutes petites nanas ( plus petites que moi, c’est dire ) qui m’aident pour descendre et monter mon sac.

Frontière hongro-roumaine (une heure de plus sur mon petit réveil de voyage)

Le douanier roumain en ouvrant mon passeport me dit :

– Alix !

– Oui !

– Où allez-vous ?

– Je vais à Timisoara.

– Merci

Ce que j’ai entrepris est si extraordinairement simple et trouve tant d’écho dans toutes ces rencontres qu’il faut continuer, mais si ce voyage n’avait été que touristique, j’y aurais sans aucun doute mis un terme très vite.

21h28 Timisoara : Je retrouve après 19 ans Roxana et son frère Catalin dans le hall de la gare. Je ne sais rien d’eux, il n’y a que 3 jours que j’ai enfin repris contact grâce au net après plusieurs mois de recherche. Ma mère a réussi à contacter leur mère par téléphone pour échanger un dialogue de sourd, mais nous y sommes arrivés.

Découverte petit à petit de cette fratrie que j’ai rencontrée il y a tant d’années, alors qu’ils n’avaient, elle que 5 ans et lui 9 ans. La femme de Catalin n’est pas là ce soir, elle travaille de nuit dans la police criminelle.

Quelques jours chez eux vont me faire le plus grand bien, ils ont le sourire communicatif et leur accueil est entier. A suivre…

Vendredi 15 avril 2011

Roxana est rentrée la veille à son appartement d’étudiante dans Timisoara.

Ileana et Catalin habitent un village de constructions modernes collé à Timisoara. Ils m’ont préparé leur chambre, je suis très gênée car ils ont des horaires de travail de dingues qui changent toutes les semaines ; j’ai insisté pour dormir sur le canapé, mais Catalin m’a fait les gros yeux en me disant « pas chez moi ».

Catalin est parti travailler à 8h et Ileana a débauché à 6h. Je reste dans la chambre jusqu’à 13h30 pour travailler sur « mon bureau nomade » et laisser dormir la petite Madame de Catalin que je ne connais pas encore.

En ouvrant la porte je fais peur à une petite nana qui me sourit dans un joli pyjama orange à fleurs.

14h : Brunch royal avec Ileana, elle me parle en roumain, je lui parle en français avec quelques mots d’anglais et d’espagnol, nous rions tout de suite beaucoup, elle m’explique son travail à la police criminelle, elle s’occupe de la gestion des empreintes digitales.

15h : Catalin rentre du travail (il est aussi dans la police, dans le service des immatriculations des véhicules) il est épuisé, nous nous sommes couchés très tard.

Difficile de discuter calmement dans la cuisine avec Ileana pour ne pas déranger la sieste de Monsieur Google translation. Nous l’oublions très vite et bavardons bruyamment jusqu’à ce qu’ils partent tous les deux travailler.

21h : Catalin vient me débrancher de ma connexion internet pour une visite nocturne de Timisoara. Je n’imaginais pas une ville comme ça quand nous sommes passés à Timisoara dans les années 90 après Ceausescu. Nous n’avions pas vu la vieille ville, juste la banlieue. Je découvre donc des monuments plus anciens, une architecture similaire à celle de Vienne. Roxana, la sœur de Catalin, doit nous y rejoindre mais elle ne répond pas au téléphone. Nous finissons au commissariat où travaille Ileana pour la récupérer.

Catalin n’a pas la patience d’Ileana pour me parler, nous rions beaucoup de ça avec elle. Elle m’explique sur place les détails de son travail : fichiers, etc. A minuit, fin du service, nous rentrons dans leur jolie maison, une maison neuve et jaune. A l’intérieur, c’est très moderne et minimaliste, décoré avec goût. Nous parlerons encore tard. Catalin me questionne sur l’histoire du jumelage de Bajamont et Corbu, nos villages respectifs. Car, oui, si je suis là chez ces deux jeunes mariés et amoureux, c’est que l’histoire a commencé il y a longtemps, pour faire court : lorsque Ceauşescu était au pouvoir, il avait décidé de raser un certain nombre de village dont celui de Corbu Olt (à une heure de Bucarest). Une association française avait à l’époque (dans les années 1988-1989) communiqué une liste de villages roumains aux petites communes de France pour soutenir et défendre de manière symbolique l’un d’entre eux, en envoyant des courriers directement à Ceausescu.

Après la mort de Ceaucescu, Bajamont (dont mon père était le maire à l’époque) a décidé de reprendre contact avec Corbu, pour savoir ce dont ils avaient besoin. Ils ont collecté le matériel dont ils avaient besoin, pour leur apporter directement par camion. Deux conseillers municipaux et mon père ont donc été accueillis par Florica (la maman de Roxana et Catalin). Puis, quelques années après (deux ou trois), nous sommes revenus avec mes parents et mon frère. Depuis, le temps a passé, et j’explique à Catalin combien le souvenir de sa Maman est resté fort pour moi. Une femme extrêmement active dans sa commune en reconstruction (plus de 2000 habitants). Mon voyage en Europe de l’Est était avant tout motivé par l’envie de la revoir. Catalin était un petit garçon et ne connaissait pas ces détails.

Samedi 16 avril 2011

12h : Grasse matinée pour tous, je retrouve le sommeil. Je suis très bien avec eux et ils ont toujours le sourire pour moi. Brunch royal. Mais Roxana nous attend chez elle pour déjeuner. Avant, petite virée au centre commercial pour regarder les canapés de la chambre d’amis.

15h : Nous retrouvons Roxi qui s’agite dans sa cuisine. Elle est toute petite. Elle a de longs cheveux noirs et bouclés au bout. Un très joli sourire qui se finit sur de rondes pommettes et de grand yeux sombres aux cils longs et noirs. Après le déjeuner, les amoureux repartent chez eux.

Visite de Timisoara avec Roxi. Nous nous posons dans un glacier italien. Roxana a étudié 5 mois en Espagne grâce au programme Erasmus. L’espagnol sera donc notre mode de communication, mais je pense encore en anglais. Il me faudra encore quelques heures pour me reconnecter à l’espagnol. Douloureusement, Roxi m’explique la disparition foudroyante de son papa. Mais ce que je n’avais pas compris, c’est qu’elle datait du mois de novembre dernier. Sa voix est toute petite, sur le fil. Nous sortons respirer et marcher dans Timisoara : la place centrale et l’université désertée que le gardien éclaire pour nous. C’est ici qu’elle suit ses études. La nuit arrive et je la suis dans les rues de la cité universitaire, qui a des airs de village touristique de bord de mer. Petits bars, restos rapides et autres, commerces aux lumières et aux couleurs attrayantes dans des baraques préfabriquées. Nous passons un moment avec une amie qui est serveuse dans un boui-boui. Nous finirons en soirée pyjama dans son appartement d’étudiante, en écoutant de la musique jusqu’à très tard.

Dimanche 17 avril 2011. Rameaux

Ici, je retrouve le sommeil, bien que mes rêves soient étranges et toujours dans un paysage français ou toulousain.

J’ai tant dormi que mes cervicales se sont soudées.

Roxana est un soleil qui semble toujours préoccupé par les nuages qui s’approchent. Préparation du brunch royal : Elle téléphone discrètement à Ileana pour savoir ce que j’aime, pour me faire plaisir. Je crois comprendre la conversation mais n’y prête pas attention. Quand elle arrive avec ses deux petites assiettes de salé et ses œufs cuisinés dans un bain d’huile, j’ai la confirmation qu’elle est allée aux renseignements.

15h : Les amoureux passent nous prendre devant chez Roxi pour aller à la cathédrale orthodoxe du centre de Timi où toute la ville vient se recueillir en ce dimanche des Rameaux. Je me sens bien dans cette petite famille.

Après une fin d’après-midi au soleil d’une terrasse, Roxi rejoint ses amis.

21h : Ileana m’invite à l’anniversaire d’Adriana, une camarade de l’école policière. Nous abandonnons Catalin après qu’il lui ait fait moult recommandations, et nous partons enfin toutes les deux dans sa Mercedes, je veux dire dans la voiture d’Ileana.

Nous rions et partageons beaucoup avec Ileana, nous nous comprenons de mieux en mieux, sans parler la même langue. Nous prenons le temps d’aller au bout de nos réflexions.

Dans une crêperie stylée un peu excentrée, Adriana nous attend avec trois autres camarades de l’école de police. Elles ont commencé à travailler depuis quelques années dans différents secteurs, certaines dans l’administration, d’autres sur le terrain, dans un monde d’hommes qui ne leur laisse pas encore une véritable autonomie. Dommage que ces cinq là ne fassent pas équipe au travail, je sur sûre qu’elles assureraient, comme les drôles de dames ! Un vrai bonheur ce bouquet de super nanas (je vais commencer à manquer de mots et surtout d’adjectifs, il va falloir que je révise les classiques de chansons italiennes qui parlent si bien des femmes).

Je dis « Da » sans savoir ce qu’elles ont commandé pour moi. Mais les heures passent et Catalin nous attend pour dîner.

Lundi 18 avril 2011

10h : Brunch royal dans leur petite cuisine parfaitement aménagée, où je passe la plupart de mon temps. Catalin a des notions de français, mais nous l’appellerons Monsieur Google Translation. Il voit bien que la communication avec Ileana fonctionne bien, alors parfois, il la prend pour son interprète et elle lui rappelle qu’elle n’est pas Google Translation.

12h : Catalin part travailler.

14h : Puis Ileana à son tour.

20h : Je sors enfin la tête de mon ordinateur quand j’entends derrière la porte la toute petite voix de Roxi.

21h : Catalin.

22h : Ileana. Mais comme je les avais prévenus, je les abandonne pour une réunion Skype avec l’équipe Anomaliques. Bilan du premier mois et tout ce qui vient… Me voici télé-transportée à Toulouse pour une petite heure dans la jolie maison de briques et de pierres de Sabine, avec tous ces visages familiers qui sont réunis dans la fenêtre minuscule de cette machine que je n’ai toujours pas baptisée. Réunion très efficace et rythmée.

23h : Retour en cuisine. Entre temps, Roxi est repartie dans ses études.

Dîner et au lit.

Mardi 19 avril 2011

10h : Ile et Cata semblent embêtés. Plus d’électricité, leur quartier est en construction permanente, et il y a régulièrement des coupures de courant d’une demi-journée, mais le brunch royal est toujours là !

11h : Café limonade au centre commercial où se trouvent les bureaux de Catalin qui travaille dans le secteur des immatriculations.

12h : Nous nous retrouvons à nouveau toutes les deux avec Ile, mais cette fois-ci dans un exercice pas du tout évident pour moi. Une heure de boutiques et de mini-shopping. Comment lui expliquer que j’adore les boutiques de bricolage ?… Je ne lui dis pas et préfère la regarder hésiter à choisir un foulard, comme une petite fille qui les prendrait tous.

13h : Elle me dépose à la maison avant d’aller embaucher. Chaque semaine ses horaires changent. A la maison, toujours pas d’électricité. Je peux me consacrer à d’autres activités que j’avais mises de côté et sortir marcher jusqu’à la poste pour envoyer les affaires courantes. Ici, quand on est un homme seul dans sa voiture et qu’on a un klaxon en état de marche, et qu’on voit une jeune femme sur le bord de la route, on se doit de la saluer. Je croise aussi un pivert qui cogne un vieil arbre et s’en va.

Un vieux monsieur dans son jardin de tulipes rouges. Des travailleuses en pause sous l’ombre d’un arbre. Et enfin, la postière à qui je dis : « Je suis désolée, je ne parle pas roumain ». Elle me répond : « Je suis désolée, je ne parle pas français », dans un français parfait. Sur le chemin du retour, je cueille quelques fleurs sauvages pour la maîtresse de maison, et je retrouve les joies de l’électricité et du net jusqu’au retour des jeunes mariés pour un dernier dîner.

Demain, le départ est avant l’aube. Le train pour Corbu est à 6 heures. Je vais retrouver Florica, nous ne sommes pas tristes de nous quitter car nous nous retrouvons au village dans 4 jours pour le week-end de Pâques. Ils semblent inquiets de me savoir seule en campagne, mais ils vont pouvoir se retrouver tous les deux dans leur grand lit si confortable pour le sommeil dont ils ont besoin. Six jours au lieu de deux à Timisoara. Cata, Roxi et Ile m’ont bien remise sur pied, le tout est de se lever à 5 heures demain pour prendre le train. Ma table est restée dans son sac blanc et n’a pas bougé du salon, mais mes antennes sont restées branchées, et cette semaine a été riche en connexions.

Cornu Olt. Timisoara, Roumanie

Mercredi 20 avril 2011 (Timisoara-Roumanie )

5h : Le réveil sonne, mais depuis 6 jours j’ai pris de mauvaises habitudes et j’éteins le réveil que je regrette déjà d’avoir acheté.

5H15 : Cata toque à ma porte. Très détendue, sous le regard de Cata, je plie à nouveau mon sac en 10 minutes chrono, il me demande si je serai dans la voiture à 5h30. Ce qui est bien c’est que j’ai la sensation légère de ne pas vraiment les quitter, puisque nous nous revoyons chez sa mère dans quelques jours, et ça c’est extrêmement agréable comme sensation de départ. Iléana me donne un petit casse-croûte préparé avec amour et retourne finir sa nuit.

Avec Cata, nous traversons Timisoara dans la nuit, il m’accompagne jusque dans le train, et comme un petit papa il me rappelle les règles de vigilance.

Son ami Alan m’attend à la gare de Craiova.

12H : Ah non ! C’est Adrian, son employé qui me conduit jusqu’à Corbu. Adrian est un petit mec tout mignon comme Roxana, ils ont 23 ans tous les deux et ont ce point commun de parler espagnol. Je me surprends à faire l’entremetteuse, et bla bla bla tu la connais ? – Et oui une fois je l’ai conduite comme toi jusqu’à Corbu et bla bla bla et bla bla bla…

13h30 : On rentre dans Corbu en fleur. Il veut téléphoner car il ne sait plus où habite Florica. Je lui dis : « C’est sur la droite avant la mairie, je me souviens, cette maison je crois, non il n’y avait pas tout ça autour. »

La primaria (mairie) : Le téléphone sonne. Florica nous a vu passer, c’était bien cette maison, mais en presque 20 ans il y a eu des constructions autour, normal ! Au bord de la route Florica ! Ses yeux bleus et son teint doré par le soleil des semis.

Elle est inquiète, comment allons nous communiquer ? Le temps d’un café, Adrian est notre interprète et je tente de la rassurer.

14H : Primaria : Corina est secrétaire, elle parle très bien français, elle me questionne pour savoir et pour organiser les rencontres avec les femmes de demain. Florica a le bureau d’en face, elle est chargée des affaires agricoles, il y a le service social et le bureau du cadastre. Nous saluons Mr le maire qui n’a pas changé depuis la dernière fois.

16H : Nous rentrons et Florica m’envoie à la sieste, j’obéis, je suis un zombie. Je me réveille peu de temps après dans cette grande maison si calme et bien ordonnée. Du perron, je vois Florica affairée à plumer le poulet qui sera dans ma soupe ce soir. Elle doit se dire : « Mais qu’est ce que je vais faire de cette fille ? » Je tente de trouver à m’occuper et petit à petit nous nous apprivoisons. Son sourire est si triste, elle me parle de Domnel, son homme, son amour. Sa douleur est sa force et je garderai pour nous ces moments partagés. La maison fait cour commune avec celle de Sanda et Marian, le frère de Domnel. Ils sont venus en retraite à Corbu. Marian parle un peu français, ce qui rassure Florica. Mais très vite, nous n’aurons plus besoin de personne pour nous comprendre. Nous sommes toutes les deux à la table de la cuisine, la nuit est tombée depuis 2 heures déjà, son assiette reste vide et la mienne se vide de la soupe qu’elle m’a cuisiné. Je comprends très bien ce qu’elle me dit ce soir-là. Dans une inspiration commune, nous prenons la décision de nous arrêter car demain le jour se lève.

Jeudi 21 avril 2011. Corbu Olt

7h : Florica a déjà commencé sa journée.

8h : A la mairie, Corina nous attend, nous trouvons une voiture et un chauffeur, Florica retourne à la maison et nous, nous traversons les différents villages de la commune de Corbu. C’est une fin de semaine très spéciale qui nous attend, et pour les préparatifs de la fête de Pâques, les femmes sont difficilement trouvables : soit à l’église, soit en ville pour les achats, soit à la maison. Nous en trouverons quatre :

– une exploitante de légumes sous serre,

– une jeune femme de moins de trente ans qui gère son cabinet d’assurances à domicile,

– une femme de grande famille qui gère sa maison et ses exploitations avec son mari et sa fille. Ils ont une petite boutique de choses essentielles toujours ouverte, des terres et de multiples activités en complément,

– notre très jolie « Mademoiselle Docteur » que tout le monde prend plaisir à appeler ainsi.

Nous rentrons à pied avec Corina de l’accueil de santé. C’est toujours mieux de parler en marchant…Corina a un parcours choisi très ambitieux et surprenant.

Mairie : il doit être midi mais nous n’en savons rien. Je rentre et retrouve Florica. Nous partons avant le coucher du soleil en voiture sur les chemins de terre avec l’oncle Marian voir si les blés poussent bien. Florica est contente, tout se passe bien sur ses terres. En passant, nous visitons Domnel au cimetière et rentrons.

Difficile de savoir quand elle a besoin de moi ou pas. Je la laisse un temps avant que nous dînions dans la maison d’en face chez Marian et Sanda. Avant de finir notre soirée, nous discutons toutes les deux à la table de la cuisine.

Vendredi 22 avril

7h : Florica me renvoie au lit ou à l’ordinateur. Je me rebelle car je veux l’aider et participer aux préparatifs de Patch (Pâques).

Nous nourrissons les animaux comme tous les jours (c’est mieux). Pour les cochons : les déchets organiques mixés avec du blé pilé et de l’eau, pour les poules : du blé (son blé), pour les poussins qui viennent de naître : des œufs durs écrasés avec du maïs pilé (toujours le sien).

Florica a cuit des œufs durs dans une teinture rouge et leur a passé de l’huile un par un pour leur donner un effet brillant. Il y en a plus de 150, qu’elle a joliment déposés dans deux paniers avec un branchage vert. Puis il y a ces 40 sachets garnis avec des douceurs, des bouts de poulet rôti ou du poisson que j’empaquette dans du papier aluminium, un fruit, un œuf rouge, une mini boisson, et encore d’autres petits plaisirs. C’est une tradition mais je n’ai pas vu ce qu’ils étaient devenus. Après avoir été disposés dans un panier géant, ils partiront pour l’église. C’est une offrande en rapport avec Pâques et la mémoire de Domnel, il y a des étapes dans le deuil sur plusieurs mois.

Pâques ne se fête pas de la même façon suivant les villages et les régions.

12h : Une pause soupe, puis les gâteaux aux noix et aux blancs d’œufs en neige. Florica semble surprise : elle n’a pas besoin de me montrer deux fois les choses. Je crois qu’elle ne veut plus que je parte, et envisage même que je revienne après Chisinau. (Je viens de me poser à la terrasse d’un restaurant, à Bangkok, remplie de touristes adultes du monde entier, et il est difficile de se replonger à Corbu dans la moiteur orageuse et épicée de cette ville). Florica me dit en blaguant : « Ne va pas en Afghanistan, reste ici. ». Nous emballons les petits gâteaux fournée après fournée dans sa cuisine d’extérieur. Puis elle s’absente pour une cérémonie jusqu’à tard dans la nuit. Je n’ai plus la notion du temps.

Samedi 23 avril 2011

8h : Maman Florica, après un café turc que je lui ai préparé avec brio, me consigne dans ma chambre car ses enfants arrivent vers 14h et je serai dès lors privée d’ordinateur. Je règle en quelques heures les affaires courantes pour la partie Asie de mon voyage puis nous installons tous les couchages pour ses enfants et leurs invités. Nous voilà en train de nous agiter dans toute la maison, aspirateur, linge de maison.

14h : L’agitation vient de dehors : Catalin, Ilena, Roxie, leurs amis et le bébé Maria viennent d’arriver. La maison prend une toute autre couleur. On s’embrasse, on parle, on rit, on cuisine, on mange.

18h : Arrivent les cousins de Bucarest : Dan, Miruna et son amoureux Ovidiu. Les deux maisons sont animées d’allées et venues. La cour est le paradis du bébé qui nous emporte à tour de rôle pour des visites au pas de course. Maria a juste un an et elle marche presque. Donc elle a besoin d’assistance. Puis, encore, nous mangeons avant la messe de minuit.

Minuit : Il n’y a jamais eu autant de monde dans cette église pour Pâques, me disent-ils. En effet, nous sommes tous debout les uns contre les autres de l’autel à la porte. Les religieux se frayent un chemin pour venir allumer les bougies que nous tenons à la main. Une messe a lieu à l’autel puis nous sortons dans le froid du milieu de la nuit pour une deuxième messe devant cette minuscule église à la lueur de nos lampions rouges. Cette cérémonie est très douloureuse pour mes amis. Tandis que nous rentrons, Florica reste car la messe dure encore de nombreuses heures.

Sur le chemin, nous passerons, avec Roxana et Catalin, déposer ces lumières près de Domnel, leur papa. (Je comprends aujourd’hui l’image lumineuse que j’avais aperçue dans le cimetière de Celies en Slovénie).

De retour à la maison, nous reprenons doucement les rires et les sourires avec la tradition « Christo sen viat ». Nous prenons chacun un des oeufs rouges de Florica et, deux par deux et face-à-face, nous respectons la tradition suivante. L’un dit « Christo sen viat » en plaçant son œuf au dessus de celui de l’autre, l’autre répond « Adevera tan biat ». Nous cognons nos deux œufs, et celui qui a l’œuf cassé le donne à l’autre. Et à nouveau, nous passons d’une maison à l’autre pour ce jeu de Pâques, avec ceux qui ne sont pas encore couchés.

2h du matin : extinction des feux.

Dimanche 24 avril

Heure incertaine : Nous nous levons les uns après les autres à la douce voix de Maria qui ne veut plus dormir. Et, les uns après les autres, nous reprenons notre « Christo sen viat – Adevera tan biat ». La tradition veut également que les coquilles rouges des œufs que nous mangeons au fur et à mesure soient jetées dans la cour pour faire un tapis de couleurs.

Merveilleuse journée en famille, il est interdit d’avoir une activité. Juste le minimum de vaisselle et la salade. Certains mangent, certains dorment, Milouna veut me couper les cheveux, mais on ne peut pas le jour de Pâques. Juste le droit de rien faire. On parle, on prend le soleil, on mange tous ensemble. Florica raconte quelques-unes des anecdotes de ces quelques jours ensemble, elle croit que je ne comprend pas. Mais quand elle dit en riant à tout le monde que je mets du miel dans mes yaourts (un peu comme si je trempais des tartines de pâté dans mon café), là, je lui réponds que je peux mettre aussi du sucre ou de la confiture. La voilà toute rouge et gênée de voir que je comprends. Ben oui, je comprends. Même si sur les conversations de six roumains en simultané, c’est du sport ! Silvia me remet dans le circuit de temps en temps car elle parle très bien français, et Roxie le fait en espagnol. Quel bonheur de voir rire Florica à cette table. Dans des moments pareils, je ne sais plus quel âge elle a, quinze ou seize ans dans son corps tout menu et dynamique, il faut la voir de très près ou l’avoir dans ses bras pour réaliser qu’elle approche des cinquante ans.

Fin d’après-midi : promenade dans Corbu avec Roxie, Milouna et Ovidiu.

La nuit est tombée, les garçons s’agitent au barbecue et les filles à la salade. J’arrive enfin à reprendre contact avec ma famille via Skype. Je laisse mes parents en attente vidéo dans le petit écran le temps d’aller chercher Florica et Roxana pour la surprise. Retrouvailles rapides. Elle accepte leur invitation en France à condition de venir avec toutes ses volailles et ses cochons.

Nous mangeons tous ensemble avec les cousins des deux maisons sous le préau de la cuisine du jardin. Le froid n’aura pas raison de la polaire et des manteaux et nous irons rapidement nous coucher.

Lundi 25 avril 2011. Le lundi des départs

8h : Brunch en famille, bagages pour tout le monde, chargement des voitures.

10h : Roxana, Catalin et Ilena prennent la direction de Timisoara et Silvia, Andrei et Maria la direction de Bucarest. Adieux énergiques et rapides pour ne pas être tristes.

13h : On doit partir tous les quatre avec Dan, Milouna et Ovidiu en direction de Bucarest… Ah non ! On ne part pas. Dan est allé rendre visite à son oncle Titu et revient avec sa famille au complet. Nous passons à table.

16h : Nous chargeons la voiture du cousin Dan. J’embrasse très fort ma Florica qui se retrouve à nouveau seule dans cette si grande maison (évidemment très difficile de partir).

Au lieu d’une heure trente pour rejoindre Bucarest, nous mettrons 4 heures, le week-end de Pâques est fini pour tout le monde, et il y a des kilomètres de bouchons dans cette Roumanie pour rejoindre la seule autoroute en direction de la capitale.

20h : On pose les bagages chez Milouna et Ovidiu, Dan rentre chez lui, puis nous allons rendre visite à la sœur d’Ovidiu qui nous accueille dans un appartement très très confortable. Lavinia est chanteuse lyrique (lien: Soprana Lavinia Bujor – La peregrinacion, www.youtube.com). Sacré personnage. Elle annonce qu’elle va se marier et demande à Miluna d’être sa demoiselle d’honneur. Milouna arrive de mieux en mieux à parler français, nous ne nous sommes pas trop parlé avant les quatre heures de voyage. Elle est très grande, très douce, les cheveux très courts…et très orange, elle est surtout très réservée.

Nous sommes épuisés et rentrons en taxi. Nous n’aurons plus trop l’occasion de nous parler plus. Ils se lèvent tous les deux à 7h du matin pour aller travailler, ils me laisseront les clés et me rejoindront pour m’accompagner au bus. Ils bossent tous les deux dans la mode, lui photographe, elle dans la gestion du site internet. Nous nous endormons immédiatement dans les cliquetis du clavier d’Ovidiu qui n’a pas sommeil.

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