Alix Soulié

 Alix-Soulie-Argentine  Argentine

Mardi 23 août 2011, Bolivie –>Argentine

7h: Il semble que le retard de 2 heures ait été rattrapé

8h: Frontière: dans l’office de l’agence du bus, on me fait patienter deux heures, avant de m’envoyer avec un groupe passer la frontière. Mais de l’autre côté de celle-ci, il y a une heure de plus et aucune info, je ne sais où aller. Je traverse une allée d’arbres, une voie ferrée, une fête qui ressemble à un 14 juillet où tous les groupes militaires et sportifs de la ville se préparent à un grand défilé.

« Où est la gare routière svp? »

« 2 rues plus loin ».

 » merci  »

11h30: Gare routière: bien sûr le bus est parti, le prochain est à 15h. Je ne serai pas à Salta avant 22h au lieu de 16h. Je me fais rembourser pour un soi-disant direct qui part dans une heure avec une autre compagnie.

« C’est un direct » me dit l’homme devant l’office. Trop fatiguée pour voir qu’il m’arnaque, j’achète.

12h: Le temps de manger une soupe dans une cantine au coin de la rue

12h30: En montant dans le bus, je regarde mieux le billet et en fait il y a deux billets, donc deux bus, donc pas direct. J’appelle de loin le vendeur, je le pourris devant tout le monde et comme le bus part et que je suis nulle en insultes espagnoles, je le traite de poubelle et de mauvais homme. J’apprends par le chauffeur que j’ai payé trop pour le bus. Le vendeur me dit « Quelques dollars de plus, qu’est-ce que c’est pour vous? »

Je le pourris de plus en plus avec des métaphores qui le mettent mal à l’aise devant ses collègues de la gare routière qui écoutent. Il m’avait en plus annoncé que j’arrivais à 19h à Salta. En réalité c’est le deuxième bus qui part à 19h et qui au final arrive à 22h.

16h15: Je reconnais la route, c’est Tilcara où j’ai passé une semaine de vacances il y a deux ans lors de mon passage en Argentine. A la sortie du village, contrôle de gendarmerie, tout le monde descend, tous les sacs sont vidés, ouverts sur des tables un par un. Comme je suis dans la file, on me demande mon passeport, je suis la seule européenne et quand je montre mon identité de française, on me remercie. Mes sacs ne seront pas ouverts, sûrement un geste diplomatique suite à l’assassinat des deux françaises il y a quelques jours. Bon ok je suis mal à l’aise à côté des autres.

18h: Jujui : je négocie sans supplément pour le prochain bus pour Salta en dénonçant l’arnaque du vendeur de la même compagnie. Il refuse alors je négocie direct avec le chauffeur qui me comprend, je ne traînerai pas une heure de plus dans cette gare avec mes bagages.

18h15: sortie de Jujui, contrôle de gendarmerie, les malles sont ouvertes, je crie par la fenêtre que la chose dans le sac blanc, c’est ma table. Nous ne sommes que cinq passagers dans le bus, ça va aller vite. Ben non! Le deuxième gendarme me drague ouvertement en français et comme il tient mon passeport, il me demande si je suis mariée. Je lui montre mon alliance, il répond « dommage! ». Je lui réponds « pas pour mon mari ».

Je lui fais part de mon épuisement et de mon envie d’arriver enfin à Salta, je suis limite désagréable en lui disant qu’il est charmant mais là ça va. Il y un deuxième gendarme qui vient pour en mettre une couche (je suis même pas souriante mais le sourire de mon passeport lui suffit).

21h30: Salta!!! En route j’ai prévenu Lavigna de ne pas s’inquiéter de mon retard. Heureusement car ici aucune cabine téléphonique ne fonctionne.

22h: Un taxi me dépose devant chez Lavigna, une résidence grand luxe.

Ouf, un ascenseur.

Ah! Deux français sont là, la grande famille du couchsurfing est au complet.

23h: Une douche et au lit!!!

Lavigna fait sa vie, je fais la mienne. Les deux français préparent leur départ pour demain.

Merci merci merci Lavie. Quelle récompense après deux jours de galère.

Mercredi 24 août, Salta

Le jour de repos pour Lavigna.

9h: Je reste dans ma chambre pour bosser, les français ont dû partir à l’aube.

11h: Je sors chercher de quoi cuisiner, sa cuisine est top. En plus elle est en bonne compagnie, raison pour m’éclipser.

12h: En cuisine !! Purée de pommes de terre, sauté de légumes et un bon morceau de biffe de Lomo. J’ai faim !!!

13h30: Déjeuner avec son mec sur la grande et moderne table du salon.

Après-midi avec Lavigna à la maison. Elle sur son mémoire de chirurgien-dentiste et moi sur mon écriture.

21h: Cours de français à l’Alliance Française avec le groupe de Lavigna.

22h30: Une soupe et au lit.

Jeudi 25 août 2011

9h: Debout, Lavigna est de service aux Urgences dentaires de l’hôpital, comme elle vient de finir ses études elle n’a pas beaucoup de patients alors en attendant elle continue de se former deux jours par semaine à l’hôpital.

10h: 3h pour marcher dans Salta

13h: En Cuisine pour préparer le déjeuner de Lavigna qui fait sa pause et qui a très faim !!

14h: Arrivée d’une autre française

Mélanie est aussi couchsurfeuse

15h: Lavigna nous abandonne pour son cours de gym.

16h : Mélanie sort visiter cette jolie ville et je me fais une session dictée de blog avec Sabine en direct de Montréal dans sa nouvelle maison d’expatriée plutôt classe.

17h: Raf prend le relais du blog.

Lavigna rentre épuisée, elle est fiévreuse et annule les RDV de ses deux patients du jour.

Je lui prépare mon Citron chaud au miel et aux huiles essentielles.

20h: Soupe, Mélanie a fait des crêpes à garnir que nous partageons toutes les trois.

20h30 Taxi

21h: Bus, Je fuis le groupe de parisiens à côté duquel on m’a collé, ils font que râler alors qu’ils sont là seulement depuis une semaine et en vacances en plus.

Moi je peux râler, pas vous! Franchement en plus ils râlent en français de trucs vraiment pas graves, du coup je leur ai demandé quant ils rentraient à Paris, ils étaient surpris que je devine d’où ils étaient.

Allez salut je vais au fond du bus… bonne nuit !!

Vendredi 26 août 2011 –> Buenos Aires

Au réveil je retourne à l’avant du bus panoramique où les places se sont libérées.

Un couple d’amoureux argentins à coté se marre, c’est pourtant la fin de leurs vacances, ils m’offrent le Maté je suis très touchée de ce geste et de partager ce lever du jour avec eux.

Elle c’est Giséla, ils bossent tous les deux dans un hôpital elle fait le ménage lui est chef en cuisine.

12h: Pause bouffe dans un routier dégueulasse comme la bouffe argentine de mes souvenirs.

Les raviolis sont pas cuits, je laisse une assiette presque pleine c’est la première fois en 6 mois, c’est dire !

18h: Terminal avec une heure de retard mais un voyage confortable et sans frayeur.

20h:Taxi, paf! bienvenue au pays de l’arnaque, je délivre le trophée aux argentins ils sont sans scrupule, je parle bien sûr de ses hommes en particulier.

Et hop! petit tour de magie au moment de payer

mon billet de 50 s’est transformé en billet de 50 déchiré

Je le change avec l’autre qui me reste et hop!

Mon billet de 50 s’est transformé en billet de 2 cette fois

La rue est déserte, il m’a laissée à plus de 20m de la porte de chez Ana, exprès sans doute il n’a pas écouté mes indications précises.

Je n’ai pas de billet de 2, je viens d’arriver et tous mes billets sont neufs et les deux billets qu’il vient de me rendre sont vieux et abîmés.

Je suis à deux doigts de sortir sans lui donner ce qu’il veut mais je suis fatiguée, j’évite les insultes métaphoriques, je crois que c’est un peu trop fort pour ce genre de vieux macho.

Je ne veux pas qu’il parte avec ma table dans le coffre, je n’ai même pas le réflexe de relever son identité.

Je lui dis que je n’ai plus de billet de 50 ce qui est vrai et que s’il veut les 50 ça sera celui qui m’a rendu et qui est déchiré. Je le maudis de son attitude et ne le salue pas. Les petits lutins se chargeront de son sort !! Et puis Ana m’attend depuis plus de 2h.

Petite sonnette de la rue Bolivia, que je reconnais bien : « Ding dong »

Ana Laura était à deux doigts d’appeler l’ambassade de France.

Je la rassure et plante le décor direct, il est hors de question qu’elle tienne le rôle que ma mère ne tient pas elle-même avec talent.

Ana Laura je l’ai rencontrée dans un des ateliers de 3 mois sur le mouvement à Buenos Aires en 2009 avec le Théâtre Organique (cliquez ici). Elle parle très bien français, sans raison si ce n’est la passion de cette langue. En quelques mots elle aussi me plante le décor et me fait part de sa situation familiale qui a bien changé et est en plein bouleversement.

00h Au lit.

Samedi 27 Août 2011 Buenos Aires

7h: Réveil : Alix c’est le WE!! et tu viens de faire 4 jours de voyage !!

10h: Petit super mercado dans le quartier

 » Mais c’est pas vrai ça continue !! c’est la chasse à la palombe ici ou bien !!! »

je commence à comprendre les parisiens râleurs de la veille.

Il manque 10 pesos sur la monnaie, la caissière ne discute pas, elle vérifie même pas, elle a perdu pour cette fois.

12h: Soupe avec Ana qui est malade et fébrile et sa fille: Luçia 19 ans.

14h: Sieste pour tout le monde.

17h: Tout le monde est malade, ici c’est l’hiver et bien qu’il soit très doux le chauffage est à fond.

18h: Comme tous les samedi c’est la séance de travail du théâtre communautaire (http://www.almamatedeflores.blogspot.com), un groupe qu’Ana a créé il y a de nombreuses années avec le père de sa fille qu’elle a décidé de quitter il y a un an et la confrontation hebdomadaire n’est toujours pas évidente.

Elle me présente au groupe car samedi prochain ça sera mon groupe, pour l’heure j’assiste à la répétition et je commence à reconnaître les visages que j’avais déjà vus en représentation il y a 2 ans. J’imagine déjà une adaptation de mon atelier avec ma table pour la semaine prochaine

20h Retour à la maison avec Ana, Luçia est sortie voir un spectacle avec son frère qui participait aussi au groupe du théâtre communautaire et qui gère la partie musicale. (une grande famille). Dîner en tête-à-tête avec Ana fin de journée.

Dimanche 28 août 2011 Buenos Aires.

Lever difficile pour toute la maison, je suis le rythme car ici en Argentine rien ne s’est organisé, il n’y aura donc que les ateliers d’Ana dans lesquels je vais intervenir, je vais découvrir comment donner un sens en rapport avec mon projet.

Ici c’est l’hiver au sens propre et figuré alors je vais doucement découvrir Ana et Luçia dans leur quotidien.

– Bon là elles dorment.

– C’est normal Alix c’est Dimanche!

– Ha ok ! bien sûr.

13h: Au déjeuner Ana décide de rester au chaud pour se requinquer pour la semaine qui arrive, avec Luçia elles me donnent la route à suivre pour aller à la feria de Mataderos.

14h30 : Je descends du bus où elles m’ont dit, mais pas de feria, je demande ma route, elles ont dû se planter de parc, c’est 20 rues plus loin. L’occasion de marcher un peu et puis c’est dimanche.

15h: La Grande Feria de Mataderos, voilà c’est là, facile : artisans, foule populaire un peu de touristes mais pas trop, on danse, on mange, on achète, on joue, on dort dans l’herbe, on dort sous le soleil printanier.

18h: De retour à la maison, Ana me dit que Luçia a réalisé avec son père l’erreur d’itinéraire qu’elle m’avait donné. Du coup Ana a pris la voiture pour me retrouver tout l’après-midi plutôt que de se reposer, autant chercher une herbe folle dans un sac de maté.

Bah bah bah les filles !! pas de panique vous allez pas me perdre comme ça, on est qu’à Buenos Aires.

19h: Luçia rentre pour dîner, soirée filles.

Lundi 29 auguste 2011 Buenos Aires

Je suis donc au rythme de la maison. Ana est fatiguée, je passe du temps avec elle.

11h: Petit tour au supermercado pour acheter la comida des prochains jours, Ana m’a fait une liste en espagnol, elle n’en revient pas : j’ai tout trouvé, 20/20.

13h: Petit rituel du déjeuner en tête-à-tête avec Ana.

15h: Je la laisse à la sieste, elle est encore faible, je vais marcher dans le quartier avec ses recommandations de ne pas aller là, ou là, ou là, mais en chemin j’ai déjà oublié.

De 16h30 à 19h: Skype avec Raf je commence à bien réaliser que le retour est pour bientôt.

21h: J’ai préparé le dîner aux filles qui rentrent du cours de Clown, Luçia assiste Ana pour se former et aujourd’hui, comme Ana est fatiguée, c’est Luçia qui a dispensé le cours sous les yeux ravis de sa maman. Lundi prochain j’irai avec elles c’est juste à côté au bout de la rue.

Mardi 30 août 2011

12h: Marché aux légumes pour la soupe du jour

13h: Déjeuner avec Ana

Je traîne je traîne bla bla bla

15h: Je décolle enfin pour mes rendez-vous, et pour un repérage dans Buenos Aires, je voudrais trouver un lieu pour jouer dans la rue, mais le métro est en panne je serai tout juste à l’heure pour retrouver Pablo dans le local où il répète et où il dispense ses cours.

17h15: Pablo m’attend tout sourire dans son nouveau lieu.

Pablo, c’est mon argentin déraciné qui s’est enfin posé, il est papa depuis un mois, il me raconte cette nouvelle expérience et je lui parle de mon voyage jusque-là.

On ne s’était pas revus depuis début 2010 à Paris quand il avait quitté l’équipe de Philippe Genty pour fuir en Asie, il me raconte sa nouvelle vie éclair, mais je dois filer, Javier m’attend chez lui avec sa femme et ses filles.

Bye-bye Pablo belle retrouvaille, il me lance qu’il joue au théâtre vendredi, le RDV est pris.

19h: Dans le même quartier je traverse quelques rues à pied, achat du pain dans une boulangerie française et sonne au 5192.

La petite famille s’est agrandie depuis 2 mois.

Nous dînons et discutons sur l’avancée de mon idée mais surtout il me demande de lui raconter mon voyage. Deux fois en moins de 2 heures ça fait beaucoup de redites et j’ai la sensation de raconter quelque chose qui n’est pas abouti, cette sensation me perturbe, car je ne veux pas sortir de mon état d’observation et de cheminement dans ma tête. Et le fait de parler de la globalité du voyage me rappelle que c’est déjà fini, mais non enfin, il y a encore les filles de Madrid et la famille de Raphaël au Portugal. Enfin l’exercice de me raconter ne me plaît pas non plus.

22h: Javier me raccompagne en voiture chez Ana, et le rendez-vous est pris pour qu’on se revoie pour plancher sur  » A Table ! » ce vendredi.

J’appréhende les questions infinies et en tous genres qui m’attendent à mon retour en France, et j’ai bien peur d’être désagréable dans mes réponses, ou bien il va falloir que j’organise très vite une soirée spéciale questions de groupe, comme me le suggère Ana quand elle me voit rentrer épuisée par mes récits.

Allez au lit ma vieille!!

Mercredi 31 aout 2011 Buenos Aires

7h30: Je reprends mon rythme de croisière. Petite marche dans le quartier en attendant le réveil d’Ana Laura.

9h : Pause coiffeur, il est temps que je ressemble à autre chose qu’à une vagabonde Quechua aux cheveux de paille.

10h: Journée avec Ana Laura entrecoupée de connexions internet.

Madrid se précise, l’ambassade soutient et la prison doit valider l’autorisation après avoir vérifié mon identité.

19h: Avant la fondue, Luçia a droit à un massage spécial : « j’ai mal au dos ».

Ana l’envie, mais pas deux dans la soirée, je passe en cuisine maintenant (oui je sais, j’étais la femme parfaite, y en a qui l’ont pas compris, ou trop tard « Un monde sans pitié »!)

Soirée photos avec les filles. Je leur prépare donc une fondue presque réussie. Luçia va prendre sa douche au moment de passer à table mais la fondue n’attend pas et retombe un peu. Cependant, le charme de la fondue au coin du feu est bien là. Ici c’est l’hiver, qu’est-ce qu’on est bien toutes les trois !

Merci papa pour les leçons de cuisine, ça fait son petit effet ici.

Les filles laissent mûrir petit à petit l’idée de venir en Europe avant que Luçia ne prenne son envol.

Jeudi 1er septembre 2011

09h : Légumes, courses, ma sortie favorite !

10h : La discussion avance avec Ana, il est l’heure de son massage.

Je suis épuisée, je n’en ai pas parlé jusqu’ici mais les grands hommes conquérants et voyageurs n’ont aucun mérite : être une femme en voyage inclut les menstruations (Avoir ses coquelicots, ses époques, sa ménorragie, ses menstrues, ses règles, son trouble, la malédiction, ses mois, ses fleurs, son eau céleste, ses ours, ses périodes, ses ragnagnas, ses cardinales, ses isabelles, ses bénéfices, ses culottes françaises, Jacques en journée, ses peintres, ses lunes, ses bidules, ses trucs, ses machins, les garibaldiens, ses affaires, ses petits indiens… Être sur son torchon, indisposée, dans ses jours, dans ses prunes, comme ça ! Recevoir le marquis, les courriers de Rome, sa tante Flo, ses parents de Montrouge… Casser la gueule à son porteur d’eau, etc.), qui sont pour ma part épuisantes et douloureuses, sans parler des jours où ça tombe sur des voyages de plus de vingt heures ou les jours d’atelier et de présentation. Tout au long de mon voyage, j’ai pu constater que dans ce monde d’hommes qui considèrent ça comme un détail gênant, ce qu’ils nomment « les commodités » (toilettes, WC) n’en sont souvent pas pour nous.

Enfin, après une semaine de retard, les coquelicots sont là ! Plus violents et virulents que jamais !! Pour peu, je me croyais enceinte comme la Marie de la Grande Histoire. Un retard dû au stress du retour, au décalage horaire, aux variations d’altitude et de latitude, mais bon, on ne s’arrête pas pour si peu.

16h : Blog avec Raf.

18h : Fabrication d’une mousse au chocolat pour Luçia et moi.

19h : Des clowns sur ma table, l’occasion de l’expérimenter autrement. Je prend en mains l’atelier hebdomadaire d’Ana, sous l’œil de Luçia qui prend des notes. Belle surprise qui renouvelle mon énergie dans ces ateliers qui ont été plus nombreux que prévus.

22h : Soupe, mousse au chocolat, tisane et au lit.

Vendredi 02 septembre 2011

Matinée en alternance avec Ana Laura, Raphaël, Madrid. Tout se précise.

13h : Légumes, pharmacie pour Ana.

14h : Soupe, métro dans Buenos Aires direction rendez-vous.

18h :Rendez-vous avec Javier pour un point très rapide mais toujours aussi pertinent sur « A table ! ». Sur la forme, sur la globalité et la méthode de travail pour mon retour en France. Avec Violeta, la plus grande de ses petites qui veut son papa rien que pour elle, et qui me pique mon bic pour dessiner sur mon cahier.

20h :Je cours jusqu’au métro, il y a la représentation de Pablo à aller voir. Après cette cession de travail, j’ai vraiment pas la tête à aller au théâtre, d’ailleurs j’aime pas aller au théâtre. Je me fais toujours violence pour aller voir un spectacle et puis je suis fatiguée mais bon, c’est Pablo qui joue, alors je passe la porte. Je n’attendrai pas les artistes à la sortie même si je sais que Pablo le prendra mal, merde je suis morte et je fais bien ce que je veux !

Je vais peut-être me fâcher avec beaucoup de monde en rentrant, mais je ne veux plus me forcer pour la convenance. Et si les gens se vexent, « fuck » ! Je ne dis pas ça parce que j’ai pris la grosse tête mais parce que j’ai rencontré tant de belles personnes que je n’ai plus envie de perdre mon temps et mon énergie à être dans les convenances de tout le monde. Pour ceux qui lisent, merci d’en prendre note.

23h :Maison. Ana Laura m’attend pour une tisane et au lit.

Samedi 03 septembre

08h :J’ai pris l’habitude de me réveiller avec mon ordi qui me donne l’heure. Mon réveil ne marche plus, enfin, j’ai surtout pris l’habitude de me réveiller avec Raf même si nous avons 5 heures de décalage.

09H :Rendez-vous chez l’esthéticienne. Eh oui, bientôt l’Espagne, bientôt l’été, si je veux sortir mon short Décathlon, il va falloir déplumer la poulette !

11h :Petite promenade, je suis plus légère : au moins deux kilos en moins ! Oui, je sais, c’est pas très glamour, mais c’est ça aussi la vie d’une femme.

12h :Bon anniversaire ma sœur.

13h :Déjeuner avec Ana Laura.

15h30 :Rendez-vous place Flores avec le groupe de théâtre communautaire de Laura. Un groupe en majorité féminin. L’échauffement que je prends en charge est en plein air. Sous le soleil printanier et sous le regard des passants intrigués. Le principe du théâtre communautaire est d’occuper cette place pour les répétitions hebdomadaires, dès le retour des beaux jours. Comme le groupe s’appelle Alma Mate, nous prenons à la pause le maté rituel du soleil couchant. Nous rejoignons la salle du groupe pour la deuxième partie autour de ma table.

20h :L’heure est dépassée mais on ne peut plus s’arrêter, ils en redemandent !

21h :A la maison, maté-fromage avec quelques filles et la sœur d’Ana Laura. Le morceau de fromage est généreux, elles me prennent par les sentiments.

Dimanche 04 septembre 2011

Grasse mat’.

11h :Réveil avec Raphaël qui a fait de même, mais bon en France il est 16 heures. Ça, c’est de la grasse mat’. Je suis épuisée, on le saura, et je n’ai pas envie de courir dans Buenos Aires avec ma table sur le dos. Je suis dans mon duvet, connectée avec Javier qui me traite de fainéante parce que je suis venue jusque-là et que j’ai décidé de ne pas jouer ici.

Je reste à la maison si je veux, je fais ce que je veux, merde, comme je veux, comme je veux ! Et je culpabilise même pas. Et puis, c’est dimanche et j’aime pas les dimanches !

16h :Sortie en voiture avec Ana pour la visite de ses parents. Son papa, qui est d’après elle plutôt réservé, se prend d’affection pour moi et m’offre une spécialité de sa fabrication. Dans cette maison bourgeoise, nous dégustons une cerise à l’alcool très dulce. Un bon goûter de dimanche et nous rentrons.

19h :Maison, dîner, je fais que manger, c’est l’hiver, je suis énorme.

Lunes, 5 de septiembre, Buenos Aires.

9h :Toujours pas de nouvelles de Madrid. Je traîne sur la connexion, je n’arrive pas à me décider à aller jouer dans la rue, alors c’est décidé, je ne jouerai pas, je ne la courrai pas cette ville immense !

Ana Laura a repris du poil de la bête et a repris ses cours dans Buenos Aires, cours qu’elle avait interrompus pour sa convalescence.

14h :Retour d’Ana Laura, déjeuner.

15h :Marche dans le quartier, poste, glace. Je craque sur les talons verts dans la vitrine. Ça fait plus de six mois que je n’en ai pas chaussés. Et matériellement, c’est la seule chose qui me manquait.

20h :Finalement, Ana Laura me confie aussi son groupe de clowns débutants. J’adapte donc à nouveau mon atelier. L’expérience est encore différente, mais le fait que la rencontre soit unique la rend frustrante.

21h :Dernier dîner, valise, bye-bye Luçia et bonne nuit.

Mardi 06 septembre 2011

07h30 :Réveil avec Raphaël qui s’organise pour me récupérer à Valladolid pour la partie Portugal.

09h :Petit-déjeuner avec Ana Laura. Nous partageons notre dernier maté.

09h30 :Le taxi que m’a conseillé Javier est ponctuel et aimable. Bye-bye Ana Laura sur le trottoir de la rue Bolivia. On se reverra en France pour son prochain voyage.

10h30 :Aéroport de Buenos Aires (du déjà vu).

Enregistrement, on me propose 400€ pour retarder mon départ car le vol est surchargé. Je refuse, je suis prête à partir, et puis je veux m’habituer au décalage horaire au cas où mes ateliers en prison soient pour la fin de semaine.

12h50 :Décollage en direct, une caméra sur la queue de l’avion nous fait vivre ça en live. Je doute que tout le monde apprécie, maman n’aurait pas aimé.

Je ne dors pas, j’écris et je regarde d’une oreille un mauvais mélodrame qui nous est imposé.

On court après le jour qui se lève à peine s’est-il couché : direction Madrid.

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