Alix Soulié

 Alix-Soulie-Australie  Australie

Samedi 25 juin 2011 Hong Kong / Sidney

00 h 30 : Je suis en Chine mais pas vraiment, départ de Hong-Kong, impossible de dormir. J’enchaîne en 9h d’avion trois films mélodramatiques en chouinant comme une midinette que je suis. Des films bien sûr dans lequel y a toujours un avion qui part pour ailleurs. Obligée d’escalader mamie qui s’est endormie sur la tablette d’à côté, 9h non-stop sans doute à l’aide d’un petit cachet blanc. Je sors de là pour aller respirer un autre air que celui qu’elle nous crée depuis le départ.

L’altitude amplifie mes malaises et mes vertiges, et là c’est le vol de trop, je ne veux plus voyager en 2eme classe, je ne veux même plus prendre l’avion, c’est vraiment pas drôle.

9 h 30 : Sidney, la douane, aucun contrôle, on s’étonne à peine de ce que contient ma valise. Le douanier prend le temps de m’aider à remplir les 2 ou 3 infos que je n’ai pas su compléter sur ma fiche d’immigration ; bon je l’ai bien choisi, charmant, jeune barbe de quelques jours et le sourire généreux, j’ai presque droit à une leçon particulière en anglais. Pour la profession je mets acrobate, c’est plus simple et ça s’écrit pareil qu’en français (je crois), et ça fait toujours sourire les douaniers, si je peux leur donner cette joie ça me fait plaisir, ils sont si stressés.

Une foule attend derrière les portes automatiques, il y a Michelle, je la reconnais tout de suite et ne vois qu’après le joli carton qu’elle a préparé avec écrit en gros : « bienvenue Alix ». J’avais pourtant comme convenu mis ma fleur blanche dans les cheveux, une première ce carton de réception, ça fait chaud au cœur.

Lorsque nous sortons du hall de l’aéroport pour prendre un taxi, mes poumons et ma peau s’oxygènent comme après un excès de sauna. Les pieds bien sur terre, je suis complètement décalquée, à découper suivant les pointillés, hé !

Michelle me guide gentiment jusque dans mon lit, je dis « Oui, oui, oui, ok, bien madame. »Et je m’endors jusqu’au soir 18 h30.Pendant ce temps Michelle est à sa répétition et représentation de chants grégoriens

19 h : Michelle rentre et prépare un dîner pour la soirée française.

20 h : Martin son amoureux et Emilie son amie jouent le jeu : ce soir tout le monde parle en français.

Même quand je suis absente trois minutes de la pièce les invités de Michelle continuent à parler en français. Emilie est une jolie rousse qui a la douceur et des airs de Claudie (Guillot), son français est parfait, elle a accompagné des profs de français dans la ville de Metz deux ans lorsqu’elle était étudiante. La soirée se finit en vaisselle collective.

Dimanche 26 juin 2011

8 h 30 : Deux tartines de bon fromage que Michelle m’a préparées et nous filons à Sidney city en bus. Premières douleurs aiguës : le billet de transport pour une semaine coûte 41 $.

J’aime bien découvrir les villes le dimanche, elles sont désertes à chaque fois et puis après c’est comme un coloriage, elles se remplissent de gens.

9 h 30 : Michelle me laisse à deux pas dans un cybercafé le temps d’une répétition à l’église avant la messe.

10 h 35 : L’église est presque invisible dans la rue, mais dedans il y a la lumière et comme je suis en retard et que les chants ont déjà commencé, c’est un bonheur d’être happée comme ça dans ces chants grégoriens. Les murs sont ornés d’icônes et de scènes colorées comme dans les églises orthodoxes de l’Europe de l’est. La messe qui suit est très ritualisée, mais je ne suivrai pas la foule pour manger et boire à la coupe le sang du Christ. Une dernière intervention d’un prêtre tout de noir vêtu rend l’assemblée hilare, je ne comprends rien de ce qu’il dit, son accent est terrible. La messe finie, il se met à l’entrée au soleil et salue un à un les 200 fidèles qui s’en vont en anglais et parfois en français. Il me tend la main et le sourire, je le salue en français ce qui enclenche une discussion évidente dans cette même langue. Nous rejoignons Michelle en arrière-boutique où Martin, son amoureux, nous rejoint endimanché, il a laissé sa cravate contre un polo rayé, un autre homme.

12 h 30 : Michelle est prête, nous partons découvrir la ville sous le soleil frais de l’hiver austral.

17 h 30 : Coucher du soleil, bateau-bus près de l’opéra.

18 h 30 : Maison.

19 h 30 : Dîner.

20 h 30 : Au lit.

Une bonne journée en semi-conscience car j’ai toujours cette sensation étrange d’être droguée.

Lundi 27 juin 2011

8h : Debout

9h : Bateau

9h30 : Sydney city avec Michelle ; café de l’AF puis elle part à son bureau de l’Université quand il est l’heure de mon RDV avec le directeur de l’alliance et le directeur des affaires culturelles.

10h : RDV avec nos deux responsables de l’AF. Je suis incapable d’avoir une discussion efficace, je sais même plus qui je suis, mon cerveau ne se connecte plus. Je mets toute mon énergie sur l’apparence et sur la marche droite dans cette ville où tous les buildings se courent les uns après les autres vers le haut, où les voitures roulent à contre-sens et les gens marchent tout droit.

Il faut que je me concentre pour trouver un lieu de connexion dans la ville. Toutes les alliances françaises des pays pauvres ont une connexion Wifi libre mais pas à Sydney. Mon cerveau ne répond plus. Je ne sais pas comment, je me retrouve dans un sous-sol de Mac Do à la recherche des toilettes et une porte se présente à moi derrière laquelle est installé un immense café internet. Une salle remplie d’ordinateurs avec des supers fauteuils où il est indiqué qu’il est interdit de dormir dessus. Moi je veux juste trouver une solution : je vais proposer à Marie-Pierre de couper en deux mes cachets avant de tout stopper si rien ne redevient normal. C’est trop ! Je perds mon temps à être sous drogue en permanence. Je préfère crever plutôt que d’avoir un cerveau de légume pour palier à mon hyper-tension.

17h : Je vais me poser au rdv fixé par Michelle au Art House Bar une heure plus tôt au cas où Nathalie ait accepté mon invitation (Nathalie, l’amie de mon amie Marie-Aude). Je viens seulement de lui envoyer par mail, dans un bref instant de lucidité, cette possibilité de nous rencontrer.

Je commence à bouillir de ne pas pouvoir profiter de mon temps pour avancer sur mon travail et de Michelle avec qui je n’ai pas pu avoir de conversation posée. Je ne sais pas grand chose sur elle.

18 h : Un charmant couple entre dans ce bar au velours rouge. C’est Nathalie et son mari chéri français. Suite à mon mail, Nathalie est entrée en contact avec Michelle qui sera en retard pour la soirée, pour cause de travail à l’université.

Douce soirée devant ce couple si frais, comme s’ils s’étaient rencontrés le mois dernier, mais non, ils sont bien mariés les tourtereaux, depuis un bon moment. Elle est comédienne et s’est formé à Paris chez Lecoq où elle a rencontré Marie-Aude et surtout son mari. Lui est paysagiste.

Après quelques rigolades et quelques tapas un peu floues (j’ai pas besoin de boire), nous nous quittons dans la rue, près de la statue si sexy de cette grande Victoria que je n’ai même pas photographiée.

Retour en bus avec Michelle, ravie de cette belle rencontre. A la maison, Michelle révise sa musique et la Alix je la colle au lit !

Mardi 28 Juin :

8h00: Debout, Michelle est déjà partie.

9h00: Caroline, membre de la FIFDU australienne (lien  ici ), passe me chercher chez Michelle comme nous l’avions convenu la veille au téléphone pour que nous passions la journée ensemble pour diverses activités. Dans sa jolie petite auto bleue, je me laisse porter pas ses récits. Aujourd’hui est un nouveau jour car la veille au soir, en plus de son anniversaire, elle a été nommée présidente du Rotary club. Nous rentrons dans le calme du parc naturel près de chez elle. Plus tard, nous retrouvons ses camarades du cours de français pour un déjeuner de conversation. J’essaie d’être contente d’être là, de faire comme si tout allait bien, mais non ! Mon cerveau est un vent mouvant errant. Après la chorale dans la maison de retraite, Caroline me dépose à côté de l’université de Michelle, elle m’embrasse dans un début de pluie et dans son grand pull bleu comme ses yeux !

Je suis bien déçue de ne pas l’avoir plus rencontrée.

21h00: Comme je cherche un distributeur, je tombe par hasard sur Michelle et nous rejoignons ses camarades et son prof d’espagnole. Je suis un vrai zombie, je ne comprends rien. On me parle en « esfranglais ». Depuis plus de 10 jours, je suis commative comme un légume, quel gâchis, je passe mon temps à me tenir au mur et à sourire bêtement pour faire semblant d’être là.

J’espère que ma mémoire, du peu que j’ai fait et du peu que j’ai vu, me reviendra. Nous rentrons sous la pluie en bus avec Michelle que j’espère découvrir plus à travers nos futurs échanges car je n’ai que quelques malheureux mots pour la décrire tant je n’y voyais rien. Un grand sourire aux boucles d’oreilles qui dansent.

Un planning d’hyper active, passionnée, une voyageuse directe et indirecte, une éternelle apprentie et chercheuse. J’espère que j’aurais au moins pu exercer son français.

Mercredi 29 Juin.

9h30: Grasse-matinée, c’est décidé, je ne prends qu’un demi-cachet de mon poison.

11h30: Michelle me confirme par téléphone, je peux rencontrer son amie et collègue de l’université Mariko spécialisée en sociologie, jeune femme née d’un mariage mixte japonais et aborigène. Il faut que j’y sois à 13h30 !

13h00: Après une courte connexion internet pour une lecture de mail dans un coffee net, je pars rejoindre Michelle et Mariko pour une brève rencontre. Sachant que Nathalie la comédienne australienne m’attend au port à 15h30.

15h30: Nathalie arrive chargée prête à affronter ses groupes d’adolescents pour la répétition générale de leur présentation de fin d’année. Le brouillard dans ma tête commence à partir.

Nathalie tient le coup jusqu’à 21h00 et plus. Lorsque Michelle nous rejoint, son groupe n’est pas encore passé.

20h30: Bye Bye Nathalie.

Nous remontons les petites rues de Sydney avec Michelle dans cette nuit propre et calme, feuilletons dans sa librairie préférée encore ouverte à cette heure-ci puis nous rentrons.

J’ai la pêche !

Ça y est, j’y vois clair et je me sens trop bien ! Ouf ! C’était donc ça !!! Je peux respirer sans m’étouffer.

Maison. Bagage. Au lit.

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